Virage Energie Centre : un document préparatoire

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

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LA DÉMARCHE « VIRAGE ÉNERGIE CENTRE / VAL DE LOIRE » UN SCÉNARIO DE DIVISION PAR 4 DES GAZ À EFFET DE SERRE AVEC SORTIE DU NUCLÉAIRE DOCUMENT DE TRAVAIL 2 Novembre 2011



Pourquoi donc faire un scénario régional ?

L’enjeu « gaz à effet de serre » :

élaborer des réponses crédibles et que les citoyens puissent s’approprier Les scénarios des scientifiques du GIEC(*) sont clairs : ce qui nous attend, c’est une catastrophe climatique.

Face à cet enjeu, l’ambition « officielle » des politiques publiques internationales et Française, c’est la division par 4 des gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050. Cet objectif est « décliné » dans de multiples domaines (urbanisme, construction, transports, développement des énergies renouvelables etc.) ; il est également « relayé »à toutes les échelles du territoire national, par exemple au travers des « Plans Climat-énergie-territoire » comme celui que la Région Centre et d’autres collectivités (départements, agglomérations…) sont en train de mettre en place. Toutes les mesures censées aboutir à cette division par 4 des Gaz à effet de serre (GES) vont s’accompagner, soit par choix d’anticipation politique, soit par le jeu du marché et la raréfaction des énergies, d’un important renchérissement des coûts de l’énergie, et, malgré tout, d’un réchauffement significatif qui aura une influence sur la végétation, le régime des eaux etc.

Un scénario régional de virage énergétique, ce sont des réponses techniques et économiques crédibles, aptes à faire face à cet enjeu, c’est à dire un « modèle » (au sens de modèle économique et technique) qui « tourne » et qui garantit une faisabilité… Mais ce n’est pas si simple ! Car ce « modèle » technique va avoir pour effet de modifier nos modes de vie ! Face aux scénarios techniques les plus élaborés, on trouve, par exemple, aujourd’hui, trois grands types d’attitudes : - Le refus de voir : « le réchauffement n’est pas prouvé », « on ne va quand même pas revenir en arrière », : « du pétrole, il y en aura toujours » - La fuite en avant : « On a inventé le moteur à eau, mais ce sont les lobbies du pétrole qui n’en veulent pas » « On va bien trouver des solutions » - Le catastrophisme : « il est trop tard, on ne peut plus revenir en arrière », « nos enfants verront bien », « l’homme est condamné »…


Ces attitudes, on les trouve aussi bien chez les citoyens que chez les politiques qui les représentent . Alors, on peut estimer que la logique « rationnelle » (technique, économique, industrielle) finira par l’emporter, qu’elle s’imposera « d’elle même ». Dans ce cas, la construction d’un scénario qui fonctionne « techniquement » s’adresserait surtout aux politiques, qui sont censés se l’approprier, en débattre, puis l’adopter et le traduire en mesures opposables (règlements, incitations etc.).On peut aussi estimer, et c’est plutôt dans cette optique que nous nous plaçons, que tout le monde peut comprendre et s’approprier les enjeux, et que , pour entrer dans la réalité, un scénario doit être construit et débattu à la fois « par en haut » (techniciens, élus, population) et par en bas (techniciens, population, monde associatif, élus).

L’enjeu « nucléaire » : ouvrir la voie d’une sortie raisonnée et progressive, mais déterminée

Les perspectives ouvertes par différents responsables de haut niveau (Cf. , par exemple, l’article consacré à Bernard Laponche dans la revue Télérama du 15 juin 2011) ne sont pas rassurantes : ce qui nous attend, c’est le risque d’un accident majeur. Et ce qui nous attend, c’est dans tous les cas, de très fortes augmentations des prix de l’électricité, pour amortir les mesures de sécurité nécessaires pour faire face aux risques, et tenter de gérer les démantèlements et les déchets. Là aussi, un scénario régional de virage énergétique doit « fonctionner » techniquement et économiquement ( voir, ci après, la partie « un planning de la fermeture des centrales nucléaires »). Mais, là aussi, ce n’est pas si simple, car un scénario de sortie du nucléaire, outre le fait qu’il faut se heurter de front à un lobby très puissant, implique un changement de nos modes de vie ! Il va falloir sortir du chauffage électrique, investir massivement dans l’isolation des logements et les énergies renouvelables, apprendre à distinguer les usages « nobles » de l’électricité de ses usages « aberrants »… Là aussi, face à un scénario techniquement et économiquement crédible, on va trouver des réactions de déni, de fuite en avant etc. :


- « de toute façon, on ne peut rien faire d’autre » « regardez le nombre d’éoliennes qu’il faudrait pour remplacer une tranche de nucléaire »

- « les scientifiques vont bien finir par trouver une solution pour les déchets radioactifs »

- « oui, c’est catastrophique, mais c’est fini, on ne peut plus revenir en arrière » Mais, là aussi, on peut estimer que tout le monde peut comprendre les enjeux, et qu’il faut construire le scénario pour qu’il soit approprié à la fois « par en haut » (par les élus, par les techniciens, dans des logiques de grands territoires) et « par en bas » (par les citoyens, dans des logiques de proximité). C’est cela que nous appelons « promouvoir une démarche citoyenne »

Un scénario, Deux ambitions

La division par 4 des gaz à effet de serre

La division par 4 des gaz à effet de serre d’ici à 2050 vise à éviter une catastrophe climatique mondiale. C’est l’ambition « officielle » de la politique nationale de la France dans le cadre des « lois Grenelle ».

Cette politique nationale comporte de nombreux volets en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme, de construction, de transports et déplacements etc. Ces mesures sont « relayées » au plan régional et local, en particulier au travers des « Plans Climat Energie » comme celui que la Région Centre et d’autres collectivités sont en train de mettre au point.

L’objectif d’un scénario dit de « virage énergétique » est de s’appuyer sur les réflexions en cours, de les « relayer » en cherchant s’il est possible de faire « plus et mieux », dans la perspective d’une sortie conjointe du nucléaire, perspective qui est aujourd’hui absente de ces documents, au vu de la « non compétence » des collectivités territoriales en matière de nucléaire… La sortie raisonnée du nucléaire Les débats qui ont précédé les lois « Grenelle », et les textes législatifs qui en sont issus ont délibérément ignoré la question du nucléaire, considéré comme une énergie propre n’émettant pas de Gaz à effet de serre. Mais aujourd’hui les catastrophes successives (Tchernobyl, Fukushima…), le vieillissement des centrales, l’erreur humaine ou la malveillance toujours possibles, l’absence de solution concernant les déchets, le coût très élevé à terme des démantèlements, la dépendance à l’égard d’une énergie fossile (l’uranium)… TOUT incite les hommes de raison à rechercher les voies d’une sortie du nucléaire, nécessairement progressive, mais d’autant plus urgente à engager.

La Région Centre est la deuxième de France du point de vue du nombre de tranches nucléaires, et l’enjeu est de taille, face à des consommateurs parfois piégés par le recours au chauffage électrique, et, en tout cas, toujours sensibles, à juste titre, au prix de l’énergie.

. L’enjeu est de taille quand il s’agit, d’aller vers un « mix énergétique » impliquant davantage d’énergies renouvelables, mais aussi davantage de sobriété, voire une réduction maîtrisée des consommations. Pour être relevé, ce défi implique un recours aux forces vives qui veulent bien s’investir. Il s’agit de mettre en place l’intelligence collective et citoyenne sans laquelle notre scénario « virage énergie » ne serait qu’un exercice de technocrates : Nous avons besoin à la fois de compétences techniques et de « répondant citoyen ». Puisse cette petite brochure de préfiguration de la démarche vous inciter à consacrer un peu de temps à ce projet qui en vaut la peine !

les enjeux énergétiques en région Centre

Une région marquée simultanément par une logique d’axe (la Loire) et par une logique de réseau (le maillage des villes et de leurs bassins de vie)

La Région Centre est fortement marquée par l’existence de l’axe de la Loire, qui accueille à la fois les agglomérations les plus importantes, un réseau de petites villes, des sites touristiques, et de nombreuses activités économiques, dont 4 centrales nucléaires.

Mais c’est une région vaste, et les agglomérations éloignées de l’axe ligérien veillent à ce que la politique régionale n’oublie pas leur existence !

Une nouvelle politique énergétique devra donc valoriser ces atouts en rapprochant progressivement les sites de production et de consommation d’énergie, c’est à dire en développant l’autonomie énergétique des villes et des pays.

La deuxième région nucléaire de France

Avec 4 centrales et 12 réacteurs, le centre est la deuxième région française la plus nucléarisée, après la région Rhône-Alpes. Six de ces réacteurs ont plus de 30 ans, c’est à dire qu’ils ont dépassé la durée de vie initialement prévue. La source froide de la Loire, utilisée pour refroidir les installations, est donc largement mise à contribution, ce qui pose déjà problème en période d’étiage. Alors, certes, il y a l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), et la conscience professionnelle des travailleurs du nucléaire… Mais plusieurs incidents graves ont déjà eu lieu, les déchets issus des réacteurs « graphite gaz » de St. Laurent sont toujours entreposés sur le site, sans que l’on sache quelle sera leur destination, une « anomalie générique » (c’est à dire une erreur de conception sur tous les réacteurs 900mw) touche les systèmes d’injection de sécurité nécessaires en cas de fusion du coeur, sans parler des mesures à prendre en cas d’accident grave, sur lesquelles on peut s’interroger… Une région qui peut devenir exemplaire en matière d’innovations énergétiques

Région du « milieu », région mesurée, mais pas région « molle », la Région Centre a déjà pris des initiatives intéressantes en faveur de l’efficacité énergétique et des énergies nouvelles : Voir, par exemple, le prêt Isolaris, la politique d’efficacité énergétique dans les lycées, et les mesures développées dans le « plan climat énergie ». Mais on peut aller plus loin !

Dans la filière bois, dans les renouvelables (éolien en particulier), dans la géothermie, dans l’ingénierie de l’efficacité énergétique, dans l’urbanisme, dans le bâtiment… il y a des dynamiques, des intelligences qui peuvent coopérer pour que la Région Centre devienne exemplaire !


Un objectif de cohérence avec le scénario « négawatt » national

Les experts de l’association « Négawatt » viennent de sortir la version actualisée de leur scénario, tenant compte des évolutions les plus récentes des données sur la démographie, l’économie et l’environnement. Ce scénario actualise et chiffre les grands équilibres techniques, économiques et sociaux nécessaires pour atteindre les objectifs de sobriété énergétique, d’efficacité énergétique et d’usage croissant des renouvelables. Il repose aussi sur un nouvel effort de décentralisation, destiné à rapprocher les sources d’énergie et les utilisateurs, et à exploiter au mieux les « gisements de sobriété et d’efficacité énergétiques ». Ce scénario national qui repose sur l’idée « déconcentrer et relocaliser nos énergies » est un atout très important pour mener à bien les calculs qui concernent l’évolution des flux d’énergie et de marchandises entre la région Centre et les régions voisines .
Un « planning raisonné » de la fermeture des centrales nucléaires

Notre scénario devra préciser les échéances successives de fermeture des réacteurs nucléaires de la Loire moyenne, qui devront intervenir de manière programmée en tenant compte d’une part de leur vétusté, de leur dangerosité (risque nucléaire proprement dit et risques écologiques liés au manque d’eau…), et d’autre part de la diminution des consommations et des apports des renouvelables, tant en ce qui concerne la région Centre qu’en ce qui concerne les régions voisines qui sont dépendantes de la production des centrales de la Loire. C’est en ce sens que nous parlons de « sortie raisonnée du nucléaire ». Mais soyons clairs : « sortie raisonnée » ne veut pas dire « sortie retardée jusqu’en 2050 », Mais bien « sortie politiquement décidée et techniquement programmée, aboutissant à un démantèlement complet des installations entre 2030 et 2050 ».

Un enjeu majeur du scénario à construire est de déterminer les étapes par lesquelles il faudra passer pour atteindre cet objectif. Il va falloir distinguer les aspects purement régionaux du programme, qui portent sur la part du courant électrique consommé par la Région Centre (environ 25% de la production des centrales) et les aspects extra-régionaux, qui supposent une cohérence avec le scénario « négawatt national, et des discussions avec les régions « clientes » limitrophes. Nous proposons aussi aux membres des CLI qui souhaitent participer au montage de notre scénario un temps de travail en commun pour aboutir à un accord sur les installations qu’ils jugent les plus dangereuses, qu’il faudra démanteler en priorité… sachant qu’il faudra aussi améliorer nos capacités à gérer des situations de crise toujours plus probables dans un parc de centrales vieillissant .

Les grand thèmes du scénario : orientations pour un programme de travail

Urbanisme-planificationaménagement du territoire

Aujourd’hui

Un étalement urbain très fort, en raison des prix élevés du foncier en ville, du développement rapide des infrastructures routières, du coût encore relativement faible des déplacements en voiture, et du laxisme de certains Plans Locaux d’Urbanisme (PLU), qui classent comme constructibles des terrains, sans mesurer les coûts de leur desserte (eau, assainissement, électricité et tous réseaux) pour la collectivité.

Un étalement urbain subi plutôt que choisi, par de nombreux ménages qui n’ont pas eu véritablement d’autre choix pour se loger, et qui sont les victimes désignées de l’augmentation inéluctable des prix des énergies fossiles (pétrole, gaz, uranium), qui va les amener rapidement vers la précarité énergétique….

Des lois « Grenelle » qui se perdent dans la bureaucratie :les textes « Grenelle1 » et « Grenelle 2 »,censés inciter les communes et les agglomérations à économiser l’espace et à éviter le gaspillage des espaces naturels exigent de plus en plus d’expertises environnementales, mais sans mettre en place les mesures favorisant la qualité globale des projets urbains.

Les orientations du plan climat-énergie régional

Le Plan Climat-Énergie-Territoire du Conseil Régional est surtout orienté vers l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments (voir ci après la partie logement-construction) et vers une politique foncière plus active, avec la création d’un établissement public foncier permettant d’acquérir à l’avance des terrains bien placés à proximité des agglomérations.

Virage-énergie : quelques pistes

Relancer l’idée de la « métropole-jardin » en loire moyenne, avec de vraies coupures vertes, un équilibre entre grandes et petites villes, une desserte cadencée sur l’axe ligérien ?

Réfléchir à des Plans Locaux d’Urbanisme plus incitatifs pour les économies d ’énergie (orientation des toitures, incitations plus fortes, voire obligation d’implantation de dispositifs d’énergies renouvelables, accès aux transports publics etc.)

Créer un prix régional d’urbanisme écoresponsable ?

Réfléchir à la fourniture d’énergie, centralisée (EDF, GDF…) ou décentralisée (chaufferies locales, stockage d’eau chaude solaire…) selon le degré d’isolement des opérations d’urbanisme envisagées : quelles incitations ? quels tarifs ?


logement-construction-tertiaire

Aujourd’hui

Une situation aberrante : 29% des logements et 71% des logements individuels neufs de la Région Centre en chauffage électrique ! On peut légitimement se poser la question : pourquoi oblige-t-on, sous prétexte d’économies d’énergie électrique, les ménages à supprimer les ampoules à incandescence, alors que l’on poursuit une promotion effrénée du chauffage électrique, dont le rendement est très mauvais (2 kwh de chaleur perdue pour 1 kwh utile) ;

Des dispositifs d’encouragement pour les énergies renouvelables qui ne sont pas liés aux économies d’énergie : aujourd’hui, on peut bénéficier de subventions à l’investissement en matière d’énergies renouvelables et de tarifs de rachat du courant électrique produit, sans considération des efforts que l’on consent pour économiser l’énergie sur les bâtiments de la propriété où sont implantés les dispositifs de production…
Les orientations du plan climat-énergie régional

Le PCEN prévoit un programme ambitieux de réduction de 40% des émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) dans l’habitat et le tertiaire d’ici 2020 (dans 9 ans), grâce à un effort important de réhabilitation thermique du parc de logements et de tertiaire existant, à l’élimination des « passoires thermiques » dans le parc social, au développement de diagnostics thermiques plus performants, (assortis de conseils), à la création d’espaces info-énergie et d’agences locales de l’énergie, à la construction dès 2012 de bâtiments à énergie positive, au soutien aux énergies renouvelables par des prêts et des subventions… sans toutefois toucher au chauffage électrique…

Virage-énergie : quelques pistes

Poser la question du chauffage électrique, et proposer des solutions : c’est une clé majeure pour pouvoir commencer à imaginer la fermeture de tranches nucléaires !

Et si l’on veut tenir en même temps les objectifs de réduction des GES, il va falloir développer beaucoup plus les bâtiments « BBC » (Bâtiments Basse Consommation) et les « bâtiments à énergie positive » (qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment), aussi bien en réhabilitation qu’en construction neuve.

Le scénario « virage-énergie » devra chiffrer ces objectifs, dont dépend largement sa crédibilité, puisque le secteur bâtiment résidentiel+tertiaire est dans notre région le plus gros émetteur de GES et consommateur d’énergie, devant les transports et l’industrie. Les dispositifs d’aide aux investissements et les tarifications de l’énergie devront être adaptés à ces objectifs ... même si, à ce jour, la tarification des énergies relève de politiques nationales. Le scénario devra avoir une valeur démonstrative et pédagogique !


Industrie

Aujourd’hui

Un secteur largement oublié des politiques énergétiques La consommation énergétique des bâtiments et des « process » industriels est souvent considérée comme une donnée incontournable, une résultante sur laquelle on ne peut guère agir, au point qu’aujourd’hui, si l’on sait (source : plan climat-énergie régional) que le secteur industriel représente environ 18% de la consommation d ‘énergie régionale, on ne sait pas trop par quel bout prendre une politique de réduction des consommations et des émissions de GES…

Les orientations du plan climat-énergie régional

La priorité du PCEN va donc logiquement à la meilleure connaissance de l’existant, par la réalisation de diagnostics thermiques, le soutien à la recherchedéveloppement des entreprises orientées vers la diminution de leur consommation d’énergie, l’encouragement à l’utilisation d’éco-matériaux, l’étude d’une gestion mutualisée de l’énergie dans les zones d’activités, la mise sur le marché de bâtiments d’activités performants…

Virage-énergie : quelques pistes

Une région pilote pour les technologies propres (production d’éco-matériaux et de matériels liés à la production ou l’exploitation des énergies renouvelables) ? Modéliser le redéploiement de la production d’électricité de manière décentralisée, en utilisant la compétence et le niveau de performance du personnel des centrales nucléaires, et en développant les filières universitaires correspondantes ?

Faire du démantèlement des centrales nucléaires un acte positif, tourné vers un avenir plus tranquille, et non pas un acte d’abandon ou de « casse » lié à un échec industriel , comme ont pu l’être la fin du charbon ou de la sidérurgie en Lorraine ? La particularité des sites nucléaires, c’est que, contrairement à des activités comme la sidérurgie, on ne peut pas les laisser à l’abandon !



Transports

Aujourd’hui

51% des déplacements locaux de personnes en Région Centre sont effectués en voiture, mais ce chiffre moyen (source : Plan Climat-énergie régional) traduit évidemment de très fortes disparités ville/campagne ; hors des agglomérations urbaines, les trajets sont à la fois plus longs et s’effectuent davantage en voiture, et la multi-motorisation (deux voitures par ménage) est très fréquente, ce qui risque d’entrainer à échéance de quelques années de nombreuses situations de précarité énergétique, compte tenu de la hausse prévisible des prix des produits pétroliers.

Le transport de marchandises correspond majoritairement à du fret routier, et non pas à du fret ferroviaire.

Les orientations du plan climat-énergie régional

Optimiser les déplacements en privilégiant une gestion économe de l’espace dans des quartiers d’habitation vraiment urbains, denses, bien équipés, socialement mixtes et écologiquement durables. rapprocher les entreprises et la main d’oeuvre, et créer le plus possible de circuits courts.

Favoriser l’utilisation des transports publics, développer l’intermodalité (les correspondances faciles entre tram, train, bus, vélo etc.) et créer de nouvelles lignes de voyageurs dans des secteurs géographiques où elles peuvent desservir de nombreux habitants.

Favoriser les « modes doux » (vélo, marche à pied, covoiturage, autopartage) pour les déplacements locaux.

Favoriser le passage du fret routier sur le rail (« autoroutes ferroviaires »vers le sud de l’europe).

Virage-énergie : quelques pistes

Tester les réactions des ménages face à différentes hypothèses d’augmentation des prix des carburants, en réalisant des enquêtes auprès du public ?

S’intéresser aux réactions des gens face aux innovations en matière d’habitat plus dense et « écoresponsable », par l’observation d’opérations récentes, et le soutien à des projets d’urbanisme participatif ? S’intéresser à l’évolution future de « lotissements ordinaires » en zone rurale, en essayant d’imaginer leur avenir et leur transformation, dans un monde d’énergie plus chère et de déplacements plus coûteux ?

Chiffrer les mesures du plan climat énergie qui peuvent l’être : passage de modes de transport énergivores à des modes plus économes, , hypothèses plus fines sur la part du « nouvel urbanisme économe en espace » au fil des années, avec incidence sur les trafics etc. ?



Situation des ménages et tarification des énergies

Aujourd’hui

Les fournitures d’énergie sont moins chères pour les gros consommateurs : elles n’incitent donc pas à économiser ; La société de consommation rend « obligatoires » certains équipements et services (électroménager, audiovisuel, téléphonie, internet…) dont le prix d’achat et surtout les coûts de fonctionnement (abonnements, contrats d’entretien, garanties, consommables etc.) sont élevés ; Les mécanismes du crédit et les conditions d’habitat (éloignement subi, 2 voitures etc.) jouent en faveur du surendettement de nombreux ménages.

Les orientations du plan climat-énergie régional

Développer les aides à l’investissement en économies d’énergie, pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Mieux former les citoyens sur les bilans carbone, la réalité des consommations et des coûts qui leur sont liés. Faciliter le recours à des conseils et audits énergétiques. Eduquer et former les plus jeunes aux attitudes écoresponsables.

Virage-énergie : quelques pistes

Réfléchir en groupe à la hiérarchisation des besoins énergétiques : qu’est ce qui est « vital », et seulement « utile »… voire superflu ? Rechercher des principes de tarification équitables, afin d’assurer aux plus modestes un « minimum énergétique » bon marché ? établir des grilles de tarification incitant à économiser ?

Inventer des moyens d’aider les ménages à investir dans des appareils et équipements économes et durables ?

Modéliser des hypothèses de consommation énergétique des ménages, en partant de la situation actuelle et en recherchant les améliorations auxquelles les gens peuvent adhérer ?




L’autonomie énergétique et l’emploi

Aujourd’hui

Les filières d’emploi sont dissociées les unes des autres, et l’efficacité des dispositifs énergétiques ou industriels n’est pas liée à la création d’emplois. Par exemple, on équipe les logements au moindre coût d’investissement, en chauffage électrique, sans prendre en compte les gains en emplois qu ’apporterait une meilleure isolation du logement, et des procédés de chauffage plus économes en énergie (géothermie, réseaux de chaleur, stockage intersaisonnier de chaleur solaire…). Les salariés d’EDF et GDF craignent que le service public ne soit complètement démantelé par les privatisations et la sous traitance, au profit de la seule logique du marché et au détriment de la sécurité…

Les orientations du plan climat-énergie régional

Soutenir l’émergence des filières génératrices d’emplois, en particulier dans le secteur du bâtiment, mais aussi dans les transports, l’agriculture, l’industrie etc. en développant des formations et des nouveaux métiers, et au travers de nombreux dispositifs d’encouragement à l’investissement, qui concernent toutes les filières.

Virage-énergie : quelques pistes

Réfléchir à un service public de l’énergie décentralisé : le passage à un système énergétique décentralisé et la sortie du nucléaire impliquent un dialogue constructif avec les représentants des travailleurs du nucléaire et du secteur de l’énergie en général : moins de nucléaire ne signifie pas moins de compétences et moins de salariés, mais des compétences et des salariés répartis de manière différente ! Comptabiliser les emplois existants et les emplois créés par le scénario VEN : un décompte précis des emplois existants et de la répartition de ces emplois, et un décompte des emplois à terme, selon les étapes d’avancement du scénario est un élément clé de la crédibilité de « virage-énergie » (à l’instar de ce qui a été fait dans un scénario comme « virage énergie Nord-Pas-de Calais).


Virage-énergie centre-val de Loire :

Extrait des statuts (projet)

Objet de l’association L’association a pour objet :

- D’étudier les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre au minimum le « facteur4 », c’est à dire la division par 4 des Gaz à effet de serre d’ici 2050 en région Centre, par rapport au niveau atteint en 1990.

- D’étudier les moyens à mettre en oeuvre pour permettre la sortie du nucléaire, et le démantèlement complet des installations nucléaires de la Région Centre entre 2030 et 2050, en lien avec les régions consommatrices.

- D’étudier les moyens de favoriser la baisse des inégalités sociales et de la précarité énergétique.

- De promouvoir les résultats de ses études, de ses travaux et de ses réflexions, et de les communiquer à un public le plus large possible.

- D’interpeller les citoyens, les autorités publiques et les acteurs privés pour les inciter à mettre en oeuvre les moyens, actions et mesures ainsi préconisées.


Composition de l’association

L’association se compose des adhérents qui sont des personnes physiques ou des personnes morales, à l’exclusion des partis politiques . Les adhérents à jour de leur cotisation disposent d’une voix en assemblée générale. Toute personne morale doit désigner un représentant et un seul pour la représenter.

Conditions d’adhésion

Les adhésions des personnes physiques et des personnes morales doivent être acceptées par le Conseil d’Administration. Les adhérents prennent l’engagement de respecter les présents statuts, et déclarent souscrire pleinement et sans exclusive à l’objet de l’association.

Ressources

Les ressources de l’association comprennent :

- le montant des cotisations de ses adhérents

- Les dons manuels ou les legs

- Les subventions des collectivités territoriales

- Les rémunérations des prestations fournies par l’association

- Toutes les autres ressources autorisées par les lois et règlements en vigueur

Un projet citoyen hors des logiques partisanes :

L’association est avant tout une association citoyenne, regroupant d’une part des spécialistes motivés (économistes, thermiciens, ingénieurs, géographes, architecte, urbanistes, journalistes ou « communicants » etc.), et d’autre part de simples citoyens, militants ou non, qui sont soucieux du devenir de la planète et qui veulent réfléchir ensemble à des solutions concrètes. L’association doit garder intact un pouvoir d’interpellation des décideurs politiques quels qu’ils soient, et elle s’interdit donc toute forme d’inféodation à quelque parti ou mouvement politique que ce soit.

Calendrier de travail (projet)

Une année de travail complète : A compter de la création de l’association virage énergie Centre-Val de Loire et de l’embauche du personnel nécessaire (chargés d’études + secrétariat), on propose de concentrer sur une année la production du scénario, afin de :

Se donner le temps de produire un « vrai » document, basé sur les expertises et les temps d’étude nécessaires, et simultanément sur la concertation avec les nombreux bénévoles à mobiliser ;

Ne pas décourager les bonnes volontés en prolongeant trop longtemps les concertations, au risque de voir les données de base ou certaines hypothèses devenir obsolètes, et surtout au risque de voir certains interlocuteurs se lasser et abandonner en cours de route.

Le déroulé de principe du travail serait le suivant :

ÉTAPE No 1 Constitution de l’association, élection du premier conseil d’administration Validation du programme de travail et du projet de budget
ÉTAPE No 2 Travail de fond sur les thèmes du scénario : groupes de travail thématiques, préparés puis synthétisés par des notes rédigées par les chargés d’études (environ 6 mois)
ÉTAPE No 3 « université d’été virage énergie » : débat sur les principaux acquis des groupes thématiques, formalisation des étapes de la stratégie, étude des cohérences entre groupes et avec les régions limitrophes et le scénario « négawatt » national (environ 3 mois, avec préparation et synthèse)

ÉTAPE No 4 Document provisoire du scénario, avec diffusion restreinte Réactions au document provisoire Rédaction du scénario définitif (environ 3 mois)

ÉTAPE No 5 Scénario définitif Diffusion, médiatisation

Une réunion de concertation entre initiateurs du projet aura lieu Le 10 Décembre 2011 à Blois de 9h30 à 12h00 salle municipale 18 rue Roland Dorgelès

Secrétariat provisoire « Virage - énergie »
ACIRAD-CENTRE Maison des Associations
46 ter rue Ste Catherine 45000 ORLÉANS
(tél : 06 83 17 95 06 mail : aciradcentre@gmail.com.)

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