Trés chère électricité

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

« On ne peut pas parler d'économie d'électricité en France. Notre culture française, avec notre programme nucléaire, notre capacité à avoir fait de grandes choses en terme de production d'électricité, fait qu'il est absolument impossible de considérer que l'on pourrait faire des économies d'électricité. C'est tout à fait étonnant, (…) alors qu'il n'y a pas de raison particulière qu'on ne puisse pas économiser l'électricité comme on le fait avec le gaz ou le bois. (…)

Par rapport aux économies d'électricité et les énergies renouvelables, les allemands ont pris ces deux problèmes de façon positive, comme une politique industrielle qui va leur permettre de gagner, gagner des emplois, gagner à l'exportation, etc... En France, c'est vu comme un diktat de Bruxelles et on « concède » des économies d'électricité ou d'énergie, on « concède » des renouvelables. Donc, on est toujours dans une attitude restrictive, comme si on nous imposait quelque chose de l'extérieur alors que les allemands considèrent ça comme quelque chose de très positif. On a une attitude totalement différente et c'est pourquoi on n'avance pas. »

Benjamin Dessus, ingénieur, économiste, Global Chance, invité de « CO2 mon amour », France Inter, le 11/02.

(…)

« On a dans l'esprit que l'économie d'électricité n'est pas possible. En fait, ce que l'on observe, au travers de nos campagnes de mesures, très lourdes, que nous faisons depuis bientôt vingt ans dans toute la France et en Europe, c'est qu'en réalité, on gaspille l'énergie. Elle sert à pas grand chose au vu, par exemple, de la quantité d'appareils électriques détectés en fonctionnement alors que personne ne les utilise. Ainsi, sur un panel varié de bureaux, les ordinateurs fonctionnent jusqu'à plus de 4000h/an alors qu'on les utilise moins de 700h/an (16% du temps) (…)

En Allemagne, il y a un consensus qui va des politiques jusqu'aux industriels et le fait qu'ils aient décidé de sortir définitivement du nucléaire a donné une impulsion claire à tout le pays. Les industriels savent où il faut aller, les investissements vont vers les énergies renouvelables. Si l'objectif 100% énergies renouvelables, c'est sur le long terme, on a vu, à la suite de Fukushima, que Siemens arrêtait ses activités dans le nucléaire pour se convertir sur les énergies renouvelables : c'est quand même un signal fort ! »

Olivier Sidler, thermicien, Enertech, Négawatt, invité de « CO2 mon amour », France Inter, le 11/02.

 

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Publié dans EDF

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