TEPCO ACCUSÉ D'AVOIR MAQUILLÉ DES RAPPORTS DE CONTRÔLE

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

Le Monde. FR 21/03/11

 

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Une dizaine de jours avant le séisme et le tsunami qui ont ruiné le
nord-est du Japon et abîmé la centrale Fukushima n° 1, Tepco avait remis
un document aux autorités dans lequel il reconnaissait avoir faussé les
données des registres de contrôle. L'entreprise avait précédemment
assuré avoir vérifié une trentaine de pièces qui, en réalité, n'avaient
pas été contrôlées. Tepco a avoué notamment qu'une carte d'alimentation
d'une valve de contrôle de température de réacteur n'avait pas été
inspectée durant onze ans, bien que les techniciens, qui s'étaient
contentés d'un contrôle de routine, aient indiqué le contraire. Les
contrôles ont été également insuffisants sur d'autres pièces, dont des
éléments relatifs au système de refroidissement et au groupe électrogène
de secours.

"Le plan de contrôle des installations et la gestion de la maintenance
étaient inappropriés", en a conclu l'Agence de sûreté nucléaire,
ajoutant que "la qualité des inspections était insuffisante". Avant la
catastrophe, le gendarme du secteur avait enjoint à Tepco de corriger sa
conduite et de dresser un nouveau plan de maintenance d'ici au 2 juin.
L'agence prévoit de lancer des investigations plus poussées une fois la
crise passée. Pour avoir déjà maquillé des rapports en 2002, Tepco avait
dû stopper temporairement pour inspection ses 17 réacteurs nucléaires à
eau bouillante (BWR), dont ceux des centrales de Fukushima. Cette
affaire avait forcé le PDG et son bras-droit de l'époque à démissionner.

En 2007, après un séisme dans la région de Niigata,  près de la mer du
Japon, Tepco avait dû mettre à l'arrêt sa plus grande centrale
nucléaire, Kashiwazaki-Kariwa, qui compte sept réacteurs. Il a été
reconnu ensuite que les fuites radioactives sur cet immense site avaient
été plus importantes que Tepco ne l'avait initialement reconnu. Dans la
situation présente, les différends perceptibles entre Tepco et les
autorités ne facilitent pas non plus la transparence des informations ni
le travail des techniciens, qui prennent des risques sur place pour
stopper l'escalade.


 

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