Sortir du nucléaire en France - une nécessité

Publié le par Sortir du Nucléaire 41



L'énergie nucléaire ne représente que 17% de l'électricité mondiale... et près de 90% en France. Pourtant, le reste du monde ne s'éclaire pas à la bougie.

L'exploitation des mines d'uranium irradie les sols, les nappes phréatiques et les peuples environnants, crée des guerres civiles et décime des populations, notamment au Niger et en Australie; les ressources d'uranium seront épuisées d'ici à 2050.

Nos centrales actuelles sont en fin de vie et le gouvernement français prétend que l'EPR est un réacteur plus moderne (alors qu'il a été conçu dans les années 1990) et plus performant. Encore plus dangereux que ceux actuels en cas d'accident, il faut environ 8 ans pour en construire un. Quel intérêt d'avoir une centrale qui pourrait fonctionner 30 ans si son combustible n'est plus? Le mox n'étant pas une solution à 100%, et suscitant encore plus de dangers dans la fabrication, les transports, les déchets, le nucléaire militaire.

Un seul de ces réacteurs coûte quelque 4,5 milliards d'euros (sans compter les surcoûts actuels pour des problèmes techniques rencontrés en cours de chantier). Cet argent en grande partie issu des impôts est perdu d'avance sur la recherche, la construction et l'exploitation d'énergies renouvelables, et n'est pas signalé dans le coût de l'électricité sur les factures EDF; pourtant c'est le citoyen qui paie la construction de ces réacteurs. Pour chaque réacteur construit en France ce pays accuse un sérieux retard par rapport aux autres pays européens en énergies renouvelables.

Le fait que la France dépende à 90% d'uranium pour obtenir son électricité est une aberration: en cas de panne du réseau ou des centrales, en cas de guerre définitive avec le Niger ou tout autre pays propriétaire de ce minerai, la France se retrouverait sans électricité, pendant que d'autres pays diversifient leurs ressources en énergie renouvelable: maisons passives, solaire, éolien, hydraulique, biomasse, géothermie sont autant d'alternatives développées à grande échelle dans nos pays voisins.

Le nucléaire civil a toujours eu une face cachée militaire, et continue à l'alimenter, contribuant à sa prolifération mondiale. L'uranium appauvri est utilisé dans les obus, les bombes, les bombes sales, le blindage des tanks. Il a été utilisé à Gaza, en Irak, au Kosovo, en Afghanistan... irradiant ainsi d'énormes surfaces terrestres de façon complètement anarchique.

Les déchets nucléaires ont toujours été un casse-tête insoluble. Depuis 60 ans que le nucléaire est exploité, aucune solution n'a été trouvée malgré des milliards d'euros engloutis dans cette recherche et des mensonges ubuesques de la part de ses exploitants.

La majorité de la population ne saurait citer que Tchernobyl en tant qu'accident nucléaire; pourtant il y en a eu des dizaines, tant militaires que civils, dont plusieurs pratiquement aussi catastrophiques que Tchernobyl (Chazma, Russie, 1985;  Three Mile Island, USA, 1979; Mayak, Russie, 1957; Windscale, Grande-Bretagne, 1957...) et d'autres qui ont frisé la même catastrophe (Saint-Laurent, France, 1969 et 1980; Tokaimura, Japon, 1999; Fleurus, Belgique, 2006; Kashiwazaki-Kariwa, Japon, 2007...) sans oublier les deux bombes lâchées sur le Japon et les essais nucléaires qui ont eu lieu de par le monde, entraînant une pollution de l'air à l'échelle mondiale pour des dizaines d'années; la Russie et les Etats-Unis à eux seuls possèdent quelque 26 000 bombes, toutes au moins mille fois plus puissantes que celle d'Hiroshima, prêtes à décoller d'un instant à l'autre.

Le nucléaire n'enrichit que quelques individus de puissants lobbies. Il est extrêmement dangereux, prolifère, est responsable de pollutions à grande échelle et pour des siècles. Il est extrêmement coûteux, ne profite qu'à une poignée d'individus, pendant que les énergies renouvelables, écologiques, sont aussi créatrices d'emploi.

Des informations très complètes sur le nucléaire sont disponibles sur les sites www.sortirdunucleaire.org, www.acdn.net ainsi que sur d'autres sources internet.

                       

Emmanuelle Somer

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