Accord PS/EE-les Verts

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Sortir du Nucléaire 41 23/11/2011 19:48

le point de vue de Sortir du Nucléaire national :


Accord PS – EELV : un renoncement sous la pression du lobby nucléaire

L’accord électoral rendu public le mardi 15 novembre 2011 par le Parti socialiste et Europe-Écologie Les Verts à l’issue de plusieurs semaines de négociation a de quoi laisser durablement un goût
amer à la majorité de Français [1] qui souhaite la sortie du nucléaire.

François Hollande est tout bonnement parvenu à imposer un diktat atomique :

- L’accord entérine la poursuite du chantier du réacteur EPR de Flamanville, qui accumule déjà 4 ans de retard, 3 milliards d’euros de surcoût, de nombreuses et sérieuses malfaçons, deux décès et
des accidents du travail en nombre, sans compter les graves défauts de sûreté dans la conception même du réacteur.

- La mise en oeuvre de l’accord aboutirait de fait à prolonger le fonctionnement d’au moins 10 réacteurs au-delà de 40 ans de fonctionnement.

EPR : un « désaccord » qui ouvre la porte au renouvellement des réacteurs

Dans l’accord passé le 15 novembre, le PS et EELV « prennent acte de leur désaccord sur l’avenir du chantier de Flamanville ». Voilà qui nous fait une belle jambe.

Hollande affirmait le 9 juin 2011 qu’ « il n’est pas opportun de lancer la construction d’une vague de centrales de troisième génération » [2]. Le 16 novembre sur TF1, il expliquait cette fois : «
j’ai dit que nous maintiendrons Flamanville parce que c’était pour moi une piste de nouvelle génération de réacteurs nucléaires ». Il faudrait savoir !

Le texte de l’accord PS-EELV inclut bien la promesse suivante : « Aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié ». Mais si cet engagement était sincère de la part des socialistes, pourquoi diable
s’entêter à poursuivre le chantier maudit de l’EPR ? Celui-ci ne répond pourtant à aucun besoin électrique [3], ce que le PS affirmait lui-même dans un communiqué le 10 mai 2004 [4]. En 2004, EDF
justifiait l’EPR en tant que « tête de série » annonçant le remplacement du parc nucléaire français actuel par des EPR, ces fameux « réacteurs de troisième génération » [5]. L’EPR est de plus un
échec industriel cuisant, et le 14 novembre, le journal La Tribune révélait qu’EDF ne compte pas poursuivre cette expérience ratée au-delà de l’achèvement (hypothétique) du réacteur de Flamanville
[6].

Construire un EPR, dont on annonce une durée de fonctionnement de 60 ans, c’est fourvoyer la France encore plus avant dans l’impasse nucléaire. Pour engager l’économie française sur la voie de la
transition énergétique, il faut encourager les acteurs économiques (investisseurs, industriels, collectivités) par un signal fort et dénué d’ambigüité. Poursuivre le chantier de l’EPR tout en
annonçant vouloir amorcer cette transition, c’est allumer simultanément le feu rouge et le feu vert, condamnant la France à faire du sur-place pendant que nos voisins européens prennent de
l’avance, nous laissant loin derrière. C’est bloquer le nécessaire essor des énergies renouvelables et des investissements dans les économies d’énergie. C’est renoncer à des centaines de milliers
d’emplois dans les filières d’avenir, à l’inverse de l’Allemagne qui en a créé 370 000 dans les renouvelables.

Un "engagement"... à faire fonctionner au moins 10 réacteurs au-delà de 40 ans !

Les réacteurs français ont été conçus pour durer 30 ans ; des éléments aussi cruciaux que la cuve en acier du réacteur et son enceinte de confinement en béton vieillissent et ne peuvent pas être
changés. Actuellement, EDF s’efforce d’obtenir l’autorisation de faire fonctionner 10 ans de plus – 40 ans au total – ceux de ses réacteurs qui ont déjà dépassé 30 ans d’activité.

Or, l’accord PS-EELV promet de réduire « la part du nucléaire dans la production électrique de 75% aujourd’hui à 50% en 2025 » et annonce à cette fin « la réduction d’un tiers de la puissance
nucléaire installée par la fermeture progressive de 24 réacteurs » à l’échéance 2025. Incroyable conséquence de cet « engagement » - et incroyable inconséquence des négociateurs d’EELV -, cela
revient à prolonger le fonctionnement d’au moins 10 réacteurs [7] au-delà de 40 ans d’activité, ce qu’EDF n’osait pas encore revendiquer ouvertement ! À titre de comparaison, les scénarios de
sortie du nucléaire publiés ces derniers mois par Global Chance et négaWatt prévoient, eux, de ne laisser aucun réacteur dépasser 40 ans d’activité, tout en ménageant une sortie du nucléaire
complète d’ici 2031 et 2033 respectivement (soit en 20 et 22 ans).

On le voit, François Hollande et sa garde rapprochée ont efficacement pris en compte les intérêts d’EDF dans la négociation de l’accord PS-EELV.

« Fermeture de 24 réacteurs »... ou pas !

2025, c’est loin... Comment oublier qu’après 2012, deux élections présidentielles auront encore lieu, en 2017 et 2023 ? Comment ne pas voir qu’en ne fixant qu’une échéance aussi lointaine, sans
aucun objectif intermédiaire explicite, l’accord laisse les coudées franches à Hollande pour ne rien fermer du tout pendant les 5 ans de son éventuel mandat présidentiel ? Quant à ce qui adviendra
ensuite...

Hormis la fermeture « immédiate » de la centrale de Fessenheim, aucun calendrier ne vient préciser les échéances d’application de ce « plan d’évolution du parc nucléaire existant ». En cela,
l’accord est même en retrait par rapport aux déclarations passées de François Hollande lui-même. Le 9 juin, celui-ci affirmait en effet au Nouvel Observateur : « Je veux même aller plus loin et
adopter une position de principe : définir un âge maximal de 35 ans pour la durée de vie des centrales et engager sur quinze ans un programme de démantèlement ». Or, un rapide calcul montre que
respecter cette « position de principe » impliquerait d’avoir arrêté au moins 49 de nos 58 réacteurs fin 2025, soit 80 % de la puissance actuellement installée ! Et non pas 24 réacteurs
représentant un tiers de la capacité existante. Hollande a donc successivement promis tout et son contraire ; l’essentiel pour lui était d’obtenir un accord électoral avec EELV, quitte à laisser
les promesses inappliquées pendant les 5 ans de son éventuelle présidence.

De plus, l’accord PS-EELV pose des conditions à cette fermeture de 24 réacteurs : « Cette évolution intégrera les évaluations de l’ASN et de l’IRSN ainsi que le nécessaire équilibre offre-demande
». Or, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ont tous deux estimé récemment qu’aucun des 58 réacteurs français en activité ne nécessite
d’être fermé – pas même ceux de la centrale de Fessenheim pourtant nommément visée par l’accord. L’ASN a ainsi déclaré le 17 novembre 2011 qu’aucune centrale ne présente de danger immédiat.

Quant à « l’équilibre offre-demande », c’est une condition à double tranchant. Un développement insuffisant des énergies renouvelables ou des centrales à gaz en cycle combiné à titre transitoire –
dû par exemple à des investissements trop limités ou à une politique manquant de clarté - retarderait ou annulerait ainsi la fermeture des réacteurs. Au demeurant, le parc nucléaire actuel est déjà
en situation de nette surproduction, conduisant la France à exporter de l’électricité bon marché au long de l’année, tout en important du courant à prix d’or en hiver lors des pics de consommation.
En toute logique, l’accord devrait donc prévoir la fermeture immédiate d’autant de réacteurs au vu de ce déséquilibre offre-demande. Ce n’est pourtant pas ce qu’ont convenu les deux partis.

Un Parti socialiste au garde-à-vous devant le lobby nucléaire

Un épisode affligeant montre à quel point le lobby nucléaire pèse de tout son poids sur le Parti socialiste. Alors que le texte de l’accord venait d’être formellement accepté par les négociateurs
des deux formations, le paragraphe suivant a été purement et simplement retiré du texte lorsque l’accord a été soumis au vote du bureau national du PS, le 15 novembre en fin de journée :

« - Une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du MOX, et des moyens de stockage des différents types de déchets notamment le laboratoire de Bure, en centres
d’excellence du traitement des déchets et du démantèlement. »

C’est Médiapart qui a révélé le pot-aux-roses [8]. Des membres du bureau national du PS ont reconnu avoir reçu des SMS leur demandant de retirer ce passage. Areva a reconnu avoir contacté Bernard
Cazeneuve, porte-parole de François Hollande et maire pro-nucléaire de la ville de Cherbourg, située en plein cœur de la presqu’île atomique du Cotentin. EELV, Éva Joly en tête, s’émeut logiquement
de ce tripatouillage indigne. Le 17 novembre, les deux formations publient un communiqué commun [9] pour essayer d’éteindre la polémique, qui réintroduit le paragraphe précédemment effacé, mais
l’assortit de précisions suffisamment alambiquées pour permettre des interprétations divergentes :

Il est prévu dans l’accord, que la part du nucléaire dans la production d’électricité en France passera à l’horizon 2025 de 75% à 50 %. En conséquence et concomitamment avec cette diminution, la
quantité de combustible nécessaire à l’approvisionnement des centrales en activité s

Sortir du Nucléaire 41 21/11/2011 17:32

L'accord EELV-PS ne remet (hélas) pas en cause le nucléaire
Il valide même le retour du surgénérateur Superphénix !





Par Stéphane Lhomme, président de l'Observatoire du nucléaire.

Auteur de "L'insécurité nucléaire : bientôt un Tchernobyl en France" (Ed. Yves Michel).

http://stephane-lhomme.blogspot.com





Les promoteurs de l'atome poussent de hauts cris à propos de l'accord signé par Europe écologie-Les verts (EELV) et le Parti socialiste (PS). Parmi les nombreuses protestations, on peut noter celle
du Premier ministre François Fillon qui a déclaré qu'il s'agissait d'une "grande défaite pour le pays puisqu'il contient en germe la fin du nucléaire". Hélas, en réalité, cet accord ne remet PAS en
cause le nucléaire. Il valide même le retour… du fameux surgénérateur Superphénix dont les Verts avaient obtenu l'arrêt en 1997 ! Étudions les principaux points de cet accord concernant le
nucléaire :





1) La fermeture d'ici 2025 de 24 réacteurs nucléaires sur 58



- Cela peut sembler une mesure terriblement audacieuse, et on d'ailleurs entendu dire qu'il s'agissait de réduire de près de moitié la production nucléaire. Or les 24 plus vieux réacteurs font
aussi partie des moins puissants : c'est en réalité à peine 30% de la production nucléaire française qui sont concernés.



- En 2025, ces réacteurs auront été mis en service depuis 43 à 48 ans, alors qu'ils sont prévus à l'origine pour durer 30 ans. Au vu de l'état de délabrement déjà avancé de ces réacteurs -
situation attestée par les témoignages des précaires qui assurent dans des conditions terribles la maintenance de ces installations - il apparaît improbable qu'ils fonctionnent jusqu'en 2025 ! Ils
auront assurément été fermés d'ici là, aussi bien par un gouvernement de droite que de gauche, ou par EDF elle-même, en espérant d'ailleurs que ce ne soit pas à la suite d'une catastrophe.



- Dans l'hypothèse d'une victoire de M. Hollande à la présidentielle 2012, rien ne prouve qu'il sera toujours aux affaires après 2017, et il n'y sera forcément plus à partir de 2022. De fait, on ne
peut vraiment compter que sur les fermetures de réacteurs opérées entre 2012 et 2017. Or, l'accord EELV-PS prévoit seulement dans cette période la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim
(Haut-Rhin). La production nucléaire française sera juste réduite de 1760 MW (2x880)… ce qui sera quasi intégralement compensé par la mise en service du réacteur EPR de Flamanville (1650 MW).





2) La mise en service du réacteur EPR de Flamanville



Non seulement la mise en service de ce réacteur compensera la fermeture de la centrale de Fessenheim, mais elle donnera aussi la possibilité à la droite, lorsqu'elle reviendra au pouvoir (toujours
à supposer que M. Hollande gagne en 2012), de relancer la filière nucléaire française en mettant en chantier d'autres EPR. Si la construction de l'EPR de Flamanville était stoppée nette en 2012, il
serait très difficile à la droite de la relancer quelques années plus tard, ou du moins de lancer la construction d'autres EPR avant que le premier n'ait été achevé et exploité quelques temps.





3) La continuation de la filière MOX



Le cas de ce combustible nucléaire, le plus dangereux qui soit, a fait l'objet d'une passe d'arme très médiatisée entre les négociateurs d'EELV et ceux du PS. Finalement, il a été convenu que cette
filière continuerait "aussi longtemps que nécessaire". Les dirigeants d'EELV prétendent qu'elle s'éteindra "naturellement" du fait de la fermeture de la vingtaine de réacteurs utilisant ce
combustible, qui font majoritairement partie des plus anciens. Mais :

- comme expliqué plus haut, la fermeture réelle des 24 plus vieux réacteurs est très incertaine ;

- certains réacteurs moxés ne font pas partie des 24 réacteurs les plus anciens ;

- EDF augmente actuellement le nombre de réacteurs moxés. Ainsi, en ce mois de novembre 2011, l'association girondine Tchernoblaye proteste lors de l'enquête publique à l'issue de laquelle deux
nouveaux réacteurs de la centrale du Blayais seront moxés. L'accord EELV-PS saborde les efforts de cette association… et donne de beaux jours à la filière MOX !

- contrairement à ce qui a été prétendu par certains négociateurs du PS pour justifier la continuation du MOX, le réacteur EPR est aussi bien prévu pour fonctionner sans MOX qu'avec. Mais il est
clair que EDF le mettra en service avec du MOX, ne serait-ce que pour rendre cette filière "indispensable".





4) La continuation de divers projets nucléaires… dont le retour de Superphénix



L'accord EELV-PS prévoit que "aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié". Attention à ce dernier mot. Il s'agit là d'une astuce qui ne surprendra pas venant des pronucléaires du PS mais qui
laisse pantois de la part des négociateurs d'EELV. En effet, tout en ayant l'air d'empêcher tout nouveau projet, cette formule valide au contraire ceux qui sont déjà "initiés".

L'accord entérine donc la continuation du projet ITER (bien que ruineux et déjà condamné à l'échec) mais aussi celle du projet, d'ores et déjà "initié" à Marcoule (Gard), de réacteur "de 4ème
génération". Il s'agit en fait d'une appellation marketing pour masquer une nouvelle tentative de faire… un surgénérateur de type Superphénix ! Oui, ce même Superphénix dont les Verts avaient
obtenu de Lionel Jospin la fermeture en 1997. Quatorze ans plus tard, EELV cautionne le retour de ce réacteur qui, comme son nom l'indique, semble donc toujours capable de renaître de ses
cendres.





Voilà en quelques mots pourquoi, lorsqu'elle hurle à la fin du nucléaire, la droite ne fait que jouer une partition politicienne visant juste à attaquer par principe le programme d'un concurrent.
Mais, loin des micros, les pronucléaires se félicitent de l'accord EELV-PS : si François Hollande gagne en 2012, l'atome ne sera pas beaucoup plus en danger qu'avec Nicolas Sarkozy. Par contre, les
citoyens resteront en danger, eux, menacés par une catastrophe nucléaire équivalente à celles de Tchernobyl et de Fukushima, dont on ne voit vraiment pas par quel miracle elle ne se produirait pas
en France.





Stéphane Lhomme

Président de l'Observatoire du nucléaire

Auteur de "L'insécurité nucléaire : bientôt un Tchernobyl en France" (Ed. Yves Michel)

http://stephane-lhomme.blogspot.com

Sortir du Nucléaire 41 18/11/2011 22:59

Mail ouvert à Cécile DUFLOT



Bonjour Cécile


Hier soir, au JT de France2, tu m¹as impressionné.
Tu connaissais par coeur ce paragraphe, dont tout le monde parle aujourd¹hui :

Une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du MOX, et des moyens de stockage des différents types de déchets notamment le
laboratoire de Bure, en centres d¹excellence du traitement des déchets et du démantèlement.

Si cette phrase signifie que PS et EE-LV sont tombés d¹accord pour arrêter le retraitement à La Hague et reconvertir la fabrication du MOX, donc arrêter la fabrication, il y a problème, puisque
vous n¹êtes pas tombés d¹accord pour arrêter la construction de
l¹EPR de Flamanville, qui est conçu pour fonctionner aussi bien avec du MOX, du HTC (*) ou de l¹uranium enrichi classique !

Comment expliquer ça ?
Les négociateurs sont-ils incompétents ou magouilleurs ?

La deuxième partie de la phrase m'interpelle tout autant,
moi qui est géographiquement concerné par le projet de Bure, et celui du stockage des FA-VL, moi qui supporte les rejets des poubelles nucléaires de Soulaines et de Morvilliers.

Que signifiait donc :

une reconversion des moyens de stockage des différents types de déchets notamment le laboratoire de Bure, en centres d¹excellence du traitement des déchets ?

Est-ce que dans excellence, il y avait l'arrêt de l'enfouissement des déchets nucléaires ?

Et maintenant que c'est supprimé, il reste quoi dans vos accords?

Merci de traduire votre français du Paris VIème en français courant, voir en champenois.

Bien cordialement

Michel GUERITTE
Un militant antinucléaire

Sortir du Nucléaire 41 18/11/2011 22:53

Au sujet de l'accord EELV-PS, pour la partie énergie (III)

bernard laponche

Ce qui me paraît fondamental dans ce chapitre III est l'affirmation de la transition énergétique dès le titre et sa déclinaison ensuite : rénovation énergétique de bâtiments, économies
d'électricité, développement des énergies renouvelables, révolution dans les transports.

"La réduction des consommations d'électricité" qui figure dans ce texte, phrase sur laquelle il n'y a eu à ma connaissance aucun commentaire, est fondamentale et constitue une rupture dont peu de
gens ont conscience par rapport à plus d'un demi-siècle de "tout électrique" (avant même le "tout-nucléaire"). Et cette réduction est un élément fondamental pour la sortie du nucléaire.

Qui, il y a quelques mois, pouvait espérer une telle phrase dans cet accord?

En ce qui concerne le nucléaire, même manifestation claire de rupture. Quand on connaît les rapports de force, c'est une réussite :

- La fermeture progressive de 24 réacteurs n'est pas un petit succès (ni un accord "a minima" comme le disent certains médias) : il suffit d'entendre les cris d'orfraie des promoteurs du nucléaire
pour en saisir l'importance. D'autant "qu'aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié" (le lecteur comprend-t-il que c'est jusqu'en 2025 ou sur deux mandatures?).

- Le paragraphe sur le MOX a évidemment attiré l'attention du fait de la tricherie. L'interprétation commune (à mon avis indispensable pour limiter les dégâts), bien que décevante par rapport à ce
qui paraissait acquis ne manque pas d'habileté : il faut être conscient que, déjà, le retraitement bat de l'aile (pratiquement plus de retraitement de combustibles irradiés étrangers et donc une
énorme usine qui ne sert à rien à La Hague (UP3); diminution des combustibles à retraiter du fait de la fermeture des centrales.

De plus, pour la suite, un certain nombre d'arguments sont à faire valoir :

a) Déjà vu : plus de combustibles étrangers.

b) Aucune nécessité de mettre du MOX dans EPR qui peut parfaitement fonctionner avec les combustibles classsiques à uranium. On doit pouvoir obtenir que, pour des raisons de sûreté, l'EPR n'utilise
pas le MOX (les Finlandais ne vont pas mettre du MOX dans leur EPR, quand il aura démarré!).

c) On doit pouvoir également obtenir (comme cela avait été le cas sous Jospin) qu'il n'y ait pas un seul réacteur supplémentaire qui soit moxé.

d) Seuls les "900 MW" étant moxés et si on s'en tient là, leur arrêt progressif signifiera de fait l'arrêt du MOX.

Si l'on comprend le désappointement de ceux qui en espéraient plus (dont je fais partie), il faut reconnaître que cet accord marque une rupture historique par rapport à la politique énergétique
menée depuis le premier choc pétrolier.
Enfin, la bataille sur le terrain, dans les collectivités territoriales et au Parlement, est loin d'être terminée, bien au contraire (nous avons maintenant l'approbation d'une large partie de la
population).

Et alors l'existence d'un groupe parlementaire EELV est une conquête indispensable et c'est bien cet accord qui la permet.



bernard laponche

Sortir du Nucléaire 41 18/11/2011 22:48

LA SORTIE DU NUCLÉAIRE EN RÉGION CENTRE : UNE QUESTION DE BON SENS

Comment qualifier « l’accord » intervenu au plan national entre le P.S. et Europe Ecologie sur le nucléaire ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un accord a minima, qui laisse un
goût amer à ceux qui croyaient que le parti socialiste était décidé à résister aux pressions du lobby nucléaire :

On garderait l’EPR de Flamanville malgré ses surcoûts, dangers et malfaçons,et on garderait le combustible MOX, extrêmement dangereux et récemment abandonné par les britanniques.

Il y aurait, certes, la fermeture annoncée de 24 réacteurs d’ici à 2025, qui permettrait de ramener la part du nucléaire de 75% à 50%... Cet engagement n’est pas rien de la part d’un P.S. qui ne
s’était jamais engagé sur le sujet… mais aucun calendrier précis n’est évoqué, ni aucune liste des réacteurs concernés. Alors, les Français, qui sont majoritairement favorables à une sortie du
nucléaire, peuvent légitimement se poser la question : cet
accord a minima sera-t-il suivi d’effet en cas d’arrivée de la gauche au pouvoir ? ou ne risque-t-il pas d’être balayé sous la pression du lobby nucléaire ?

Nous pensons à l’ACIRAD-CENTRE que des hommes et des femmes politiques responsables devraient s’engager, sous forme de chiffres et de calendrier, sur trois objectifs inséparables:
1) la division par 4 des Gaz à Effet de Serre, seule à même de limiter le réchauffement climatique ;
2) La sortie progressive et méthodique du nucléaire, en développant un grand service public de l’électricité d’origine renouvelable;
3) La création massive d’emplois dans les économies d’énergie, la sobriété énergétique et les renouvelables.

Notre Région Centre est la deuxième région nucléaire de France. Les risques sont connus, et ils sont considérables. Il y a donc lieu de réfléchir concrètement à la meilleure façon de mettre en
œuvre ces trois objectifs.
Nous proposons aux politiques, aux techniciens et aux citoyens intéressés de réfléchir au montage d’un scénario de virage énergétique régional permettant d’objectiver, dater et chiffrer cette
orientation de transition énergétique, pour notre bien et celui des générations futures.
Pour nous, la sortie du nucléaire, ce n’est pas une question d’idéologie ou de croyance, c’est une question de bon sens, de méthode et de travail !

Contact : aciradcentre@gmail.com