ACCIDENT NUCLEAIRE JAPON REACTIONS politiques du 12 au 15 mars 2011

Publié le par Sortir du Nucléaire 41




NICOLAS SARKOZY : « Pas question de sortir du nucléaire »

Nicolas Sarkozy a dit lundi devant ses conseillers et quelques responsables UMP réunis à l'Elysée qu'il n'était «évidemment pas question de sortir du nucléaire» pour la France qui a, selon lui, le parc «le plus sécurisé», ont rapporté à l'AFP des participants.

«La France est le pays qui a le secteur nucléaire le plus sécurisé et c'est d'ailleurs pour cela qu'on a perdu des appels d'offres aux Emirats. On était plus cher parce qu'on apportait plus de sécurité», a expliqué le chef de l'Etat.

«Il a ensuite disserté sur l'EPR [centrale nucléaire nouvelle génération] pour dire que "ça résisterait à tous les missiles et que même si un (Boeing) 747 tombait sur le chapeau d'une centrale nouvelle génération, le réacteur résisterait grâce à un système de protection à double coque"»

Puis il a fixé la ligne à tenir: «pas question de sortir du nucléaire, maintien de l'indépendance énergétique de la France, maintien de notre politique de diversification des énergies renouvelables et maintien de notre politique de réduction des consommations d'énergies», selon des participants.

Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité de «défendre d'une manière générale le savoir-faire français dans le nucléaire comme dans tous les autres domaines», a ajouté un responsable UMP.(AFP lundi 14/03)

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ERIC BESSON, Ministre de l'Energie : « Rien à voir avec Tchernobyl »

Pour Eric Besson, l'accident de Fukushima « n'a rien à voir avec Tchernobyl». Il faut faire attention « à ne pas sonner un tocsin qui n'existe pas à l'heure où l'on parle », a déclaré samedi 13/03 le ministre de l'Energie, qui se présente comme un ardent défenseur du nucléaire.

Question sur le référendum : « Je ne suis pas pour sonner le tocsin avant que quelque chose de très important se soit produit.» Dimanche 13/03

« La situation est préoccupante. On est dans un accident nucléaire grave puisqu'il y a eu des fuites radioactives, mais on n'est pas dans une catastrophe.» Le même expliquait la veille que « la question nucléaire n'est qu'une petite partie, certainement pas la plus importante de ce drame qui a frappé le Japon.» (France Inter / lundi 14/0)

Sur la question de relancer le débat en France sur la filière nucléaire, il a jugé que celui-ci était «permanent» et «légitime». «Le nucléaire civil apporte à notre pays, il apporte en termes d’indépendance relative», a-t-il déclaré en soulignant que cela représentait 20% de la consommation finale d’énergie en France, et en insistant sur les exigences de sécurité de la filière française. (Libération.fr 14/03 - Source France Inter)

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FRANCOIS FILLON : premier Ministre : « Les autorités seront attentives »

La France "va tirer les enseignements utiles des évènements japonais". (Matignon dimanche 12/03.)

"La France, impliquée dans le développement de l'énergie nucléaire depuis de nombreuses années, a toujours privilégié le niveau maximum de sécurité dans  la construction et l'exploitation de ses installations" (…) "Elle sera attentive à tirer les enseignements utiles des événements  japonais" , / communiqué publié à l'issue d'une réunion interministérielle (Source France 2.fr)

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NATHALIE KOSIUSKO-MORIZET, ministre de l'Ecologie

"Nous comprenons les angoisses et les questions que se pose l'opinion publique et nous devrons tirer les conséquences de cet accident", a-t-elle assuré. "Nous devrons notamment savoir si le nucléaire est ou n'est pas une énergie maîtrisable", a-t-elle dit.
"Il faut éviter de tomber dans l'emballement au niveau de l'UE alors que nous n'avons pas tous les éléments d'informations sur cette crise", a averti Nathalie Kosciusko-Morizet. "Toutes les questions sont très légitimes, mais il faudra attendre quelques jours pour pouvoir les traiter", a-t-elle estimé. (Le Point.fr 14/03)


«Je ne crois pas qu'on puisse et qu'on doive se passer du nucléaire qui est une énergie décarbonée qui, quand on maîtrise, sa sâreté, reste une bonne énergie», a déclaré la ministre de l’Ecologie sur Europe 1. (20 minutes 15/03)

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a assuré aujourd'hui que les centrales françaises sont préparées à faire face aux catastrophes naturelles les plus graves intervenues pendant le dernier millénaire, et qu'une mise à niveau était effectuée "tous les dix ans".
Citant particulièrement la centrale de Fessenheim, la ministre a indiqué sur Europe 1 que la centrale avait été conçue pour résister à un séisme d'une puissance de 6,7, supérieur donc à celui de 1356 à Bâle, estimé à 6,2. Elle a rappelé que la centrale était en "en révision décennale" et que la décision de l'arrêter ou non devait être prise "dans les semaines qui viennent". Elle a relevé aussi que le Japon avait "une culture de la discrétion", alors que la France "a pas mal évolué apres la catastrophe de Tchernobyl". "Elle s'est dotée d'une autorité de sûreté indépendante, garante de la transparence", alors qu'au Japon "il n'y a pas eu encore la même évolution en matière de transparence", a-t-elle déclaré. (Le figaro.fr)

(…) Elle a fait valoir aussi, en réponse aux inquiétudes des écologistes, qu'"on ne peut pas fournir tout un pays en électricité uniquement avec des énergies renouvelables", et qu'il serait de toute façon "impossible de faire la bascule du jour au lendemain". (Le Parisien)

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a indiqué aujourd'hui sur RMC qu'une "réunion de crise" sur le nucléaire aurait lieu "dès que possible", alors qu'est relancé dans le monde le débat sur l'atome civil après la catastrophe survenue au Japon. (RMC 15/03/2011)

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XAVIER BERTRAND

Interrogé sur RMC, Xavier Bertrand souligne que le Japon est « un endroit de la planète qui est plus sujet aux séismes que chez nous (...). On essaie aujourd'hui de nous comparer au Japon, on a le droit de raison garder quand même (...). Certains responsables politiques écologistes n'ont pas besoin de verser dans l'exagération, dans la surenchère. Tout de suite il nous faut un débat. Hé, du calme ! ». « Dire que demain ça peut se passer en France, non »

« Quand je vois tous les écologistes qui aussitôt disent "regardez, il faut tout arrêter, il faut sortir du nucléaire" (...). On n'est pas obligés d'en faire aussitôt un débat franco-français (...). Quand vous avez un drame comme celui qui est en train de se produire, il faudrait être fou pour dire que ça ne nous concerne pas, mais de là à dire que (...) demain ça peut se passer en France, non. Je crois qu'on a le droit en politique de faire preuve de responsabilité. On dit "tout de suite un référendum", ah bon ? Parce qu'on saura faire la part de l'émotion, de la démagogie de certains, et du besoin de pédagogie ? Vous savez bien que c'est pas possible ». (Bourdin Direct / 14/03 / RMC.fr)

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JEAN FRANCOIS COPE : « Pas utile de commenter à chaud »

« Je trouve bizarre que dans une tragédie qui engage l'esprit de solidarité du monde entier, la première conséquence soit une polémique franco-française. Avant même d'être en urgence nucléaire, le Japon est en état d'urgence tout court. Le monde entier est bouleversé par les images que nous avons vues ces derniers jours. La solidarité doit jouer à plein. S'agissant du nucléaire, je ne crois pas utile de commenter à chaud des événements dont on ne connaît pas encore l'ampleur. Au lieu d'agiter des chiffons rouges, ou verts, en l'occurrence, continuons de travailler, comme nous l'avons toujours fait, à la sûreté de nos installations. »

Pour vous, la remise en cause du nucléaire est impossible ?

« 85 % de notre énergie en provient. Des choix stratégiques comme ceux-là ne peuvent être remis en cause à la faveur d'un moment d'actualité aussi tragique. Quel serait le choix alternatif alors que le prix du pétrole flambe ? » DIMANCHE SOIR POLITIQUE - France Inter/"Le Monde"/iTélé avec Dailymotion (Source Le Monde .fr 14/03)

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HENRI GUAINO
«  Je crois que ça devrait plutôt favoriser notre industrie nucléaire par rapport aux industries d'autres pays où la sécurité est passée au peu plus au second plan.» déclaration dimanche 12/03 (Marianne 2.fr)

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ALAIN JUPPE
"La situation est extrêmement grave. Nous avons eu hier soir à Paris un entretien avec le ministre japonais (des Affaires étrangères, Takeaki Matsumoto), qui nous a donné toutes les informations dont il dispose. Le risque est donc extrêmement élevé", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, mardi 14/03 matin sur Europe 1.

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DOMINIQUE DE VILLEPIN : « Le gouvernement est dans le déni »

Le gouvernement a réagi comme souvent les gouvernements, c'est-à-dire qu'il est dans le déni", a déclaré Dominique de Villepin sur France 2. Selon lui, l'exécutif devrait au contraire réagir "en se posant les bonnes questions, en mettant les choses sur la place publique, en faisant preuve de transparence". Il faut "une analyse et une évaluation de la sécurité de nos centrales qui, à mon sens, n'est pas suffisamment complète et qui doit être renouvelée à la lumière de ce qui vient de se passer au Japon". "Faisons en sorte d'élever nos seuils de protection, d'élever les garanties qui sont demandées pour véritablement prendre en compte tous les risques possibles".

L'ancien chef du gouvernement a notamment proposé l'organisation d'"une conférence internationale sur la sécurité nucléaire à Paris" et le lancement d'un "Grenelle de l'énergie" permettant de "mettre sur la table tous les éléments de notre politique énergétique". "Nous pouvons imaginer par exemple de passer de 80% de la production électrique" par le nucléaire "à une perspective de 50%". France 2 (AFP 15/03/2011)

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ANNE LAUVERGEON

«Bien sûr que je suis inquiète. On est en face d'une catastrophe naturelle très importante au Japon avec un tremblement de terre suivi d'un tsunami gigantesque» mais «ce n'est pas une catastrophe nucléaire» (France 2 )

Le Japon vit une catastrophe globale. En ce qui concerne les centrales nucléaires, ce n’est pas le tremblement de terre lui-même qui a posé problème mais le tsunami qui a suivi. Les vagues faisaient 1 m de plus que ce qui était prévu au maximum. Si faute il y a eu, c’est de ne pas avoir prévu de protections suffisantes contre un tel raz de marée. Il va falloir en tirer les leçons.

(…) Le monde entier va essayer de comprendre ce qu’il s’est passé au Japon et d’analyser ce que cela signifie pour ses propres centrales nucléaires. En France, il n’y a pas de risque de tsunami, ni de tremblement de terre de cette ampleur. Mais il y a peut-être des leçons à tirer, notamment sur les problèmes d’inondations. Après la tempête de 1999, par exemple, les digues de certaines centrales ont été surélevées.

Le réacteur français de dernière génération, l’EPR, aurait-il résisté au tremblement de terre et au tsunami?

A Areva, mon obsession a toujours été la sûreté et la sécurité. C’est la raison pour laquelle nous avons développé ce réacteur de troisième génération, l’EPR, qui intègre toutes les leçons des accidents passés. Ainsi, dans un EPR, même s’il y a fusion du cœur, comme ce fut le cas à Three Mile Island et à Tchernobyl, il n’y aurait pas de sortie de radioactivité, ni dans le sol ni dans l’air. Les éléments radioactifs seraient recueillis dans un gigantesque cendrier qui peut résister à des chaleurs de 1 500 degrés. Cette sécurité a certes un coût mais elle est incontournable. Et l’Autorité de sûreté nucléaire, l’ASN, nous impose de construire des centrales pouvant résister au séisme maximal historique enregistré dans la zone avec une marge de sécurité d’un point supplémentaire dans l’échelle de Richter.

Que répondez-vous aux écologistes qui réclament un référendum en France sur le nucléaire?

Ils surfent sur la vague de l’émotion. Je comprends cette émotion mais elle ne doit pas être instrumentalisée. Il faut que l’on puisse débattre de tout, sans tabou. Bien maîtrisé, le nucléaire permet de produire sans rejet de CO2 de l’électricité 40% moins chère en France que dans le reste de l’Europe et il garantit notre indépendance énergétique. C’est pourquoi nous sommes prêts à expliciter dans la transparence tout ce que les Français veulent savoir. Hors de question, comme je l’ai entendu, de construire des centrales « low-cost » au détriment de la sécurité. Au contraire, nous sommes, en France, d’une vigilance extrême, à la fois sur le design des réacteurs, sur la qualité de l’opérateur, à savoir EDF, et sur l’indépendance de l’Autorité de sûreté.
(Le Parisien . fr / Erwan Benezet et Marc Lomazzi | Publié le 15.03.2011, 07h00)

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ANDRE CLAUDE LACOSTE : « le sentiment que c'est grave »

André-Claude Lacoste, président de l’Autorité française de sûreté nucléaire, a déclaré que l’agence avait“le sentiment” que l’accident nucléaire de Fukushima avait atteint un niveau de gravité «au-delà de Three Mile Island (niveau 5) sans atteindre Tchernobyl» (niveau 7 sur 7).
(Le Figaro - 15 mars 2011)

 

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NICOLAS HULOT
a estimé que le nucléaire devait faire l’objet «a minima d’un référendum».

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FRANCOIS BAYROU :
Le président du MoDem François Bayrou a lui aussi prôné une «transparence absolue sur les facteurs de risque qui existent sur nos centrales nucléaires».

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HERVE MORIN
Le président du Nouveau Centre et ancien ministre de la Défense Hervé Morin, sur une ligne à peu près similaire, a tenu à rappeler «la fiabilité sur le long terme de l'énergie nucléaire». «Ne nous précipitons pas pour comparer le Japon et la France, qui n'est pas sur une faille sismique: le nucléaire fait souvent l'objet d'une opposition systématique, mais il a démontré sa fiabilité sur le long terme», a-t-il estimé «à titre personnel» devant la presse, en marge d'une réunion publique pour les cantonales en Haute-Garonne. (AFP 14/03)

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MARTINE AUBRY
La première secrétaire du PS Martine Aubry demande un audit des centrales nucléaires françaises, interrogée sur les exigences des Verts sur un référendum sur l’énergie nucléaire en France. «Il faut regarder les problèmes de sécurité et penser les problèmes énergétiques autrement que ne le fait le gouvernement qui vient d’abandonner le photovoltaïque», a poursuivi la maire de Lille. (Libération.fr 14/03)

La première secrétaire du PS Martine Aubry a demandé lundi un audit des centrales nucléaires françaises, interrogée sur les exigences des Verts sur un référendum sur l’énergie nucléaire en France, après les incidents nucléaires survenus au Japon.
"Il faut qu’il y ait un audit de l’ensemble des centrales nucléaires, notamment des plus anciennes —je pense à Fessenheim (Haut-Rhin)— et après, un débat peut s’ouvrir", a-t-elle déclaré, à son arrivée au Forum justice du PS, à l’Assemblée nationale. (...) "Il faut regarder les problèmes de sécurité et penser les problèmes énergétiques autrement que ne le fait le gouvernement qui vient d’abandonner le photovoltaïque" (LCP Assemblée nationale – 14/03)

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SEGOLENE ROYAL : « un débat indécent »

La présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, appelle à respecter "un délai de décence et de respect" face à la catastrophe au Japon, critiquant ceux qui "s'agitent" en France à l'approche des cantonales notamment pour réclamer un référendum sur le nucléaire. 

"J'espère que ce n'est pas l'approche des élections cantonales qui explique que tout d'un coup tout le monde s'agite pour réclamer des référendums, pour faire ceci, pour faire cela" (France Inter 14/03)


Najat Vallaud-Belkacem, proche de Ségolène Royal, regrette que le débat ait lieu si tôt : "Il y a une forme d'indécence à politiser aussi rapidement ce qui est d'abord une catastrophe humaine. Les Japonais pleurent leurs morts, faisons d'abord preuve de solidarité. Le moment viendra ensuite de demander des comptes au gouvernement et de lui réclamer les règles minimales de transparence en la matière. (Le Monde.fr)

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BENOIT HAMON : « les socialistes ne sont pas favorables aujourdh'ui à un abandon du nucléaire »
Le porte-parole du PS Benoît Hamon déclare que les socialistes ne sont «pas favorables aujourd’hui à un abandon du nucléaire», soulignant que l'objectif est de réduire la part de cette énergie et d’augmenter celle des énergies renouvelables.
«Nous voulons avoir un diagnostic précis du parc nucléaire français, après nous prendrons les décisions sur la politique énergétique», a-t-il déclaré. «Ce sera un vrai sujet de réflexion avec nos partenaires écologistes», qui eux réclament un référendum sur le nucléaire en France. (Libération.fr 14/03)

Benoît Hamon n'a pas rebondi sur l'idée d'un référendum, mais a plaidé pour un "état des lieux du parc nucléaire français". "Certaines [centrales] sont vieillissantes, certaines sont en sous-capacité", certaines, comme Fessenheim, "sont situées sur des failles", a expliqué le porte-parole du PS, esquivant la question directe d'un référendum. "Nous devons apprendre de ce qui se passe au Japon. Nous devons apprendre de ce qui s'est passé d'imprévisible", a toutefois argumenté Benoît Hamon.
Le PS serait-il prêt à changer de position et à sortir du nucléaire ? "En tout cas, on ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain... Mais nous devons avoir d'ici vingt ou trente ans, un mix énergétique fondé sur la sobriété et les renouvelables, dans lequel la part du nucléaire a vocation à diminuer" (RTL 14/03)

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EVA JOLY
Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) réclame ce lundi la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) pour des raisons de sécurité. «C’est la plus ancienne centrale et elle est aussi implantée dans une zone sismique», a justifié Eva Joly, ajoutant: «les réalistes c’est nous, les idéologistes sont dans l’autre camp». (Libération.fr 14/03)

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YVES COCHET
Le député Europe Ecologie-Les Verts a appelé ce matin à un référendum sur le nucléaire en France avant la présidentielle de 2012, jugeant que ce serait «une sorte de test» pour voir comment le PS «s’associe» aux écologistes sur cette question. (Libération.fr 14/03)

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CECILE DUFLOT
Secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, a dénoncé ce lundi le discours «lénifiant» du gouvernement français face aux incidents nucléaires survenus au Japon et réclamé, après d’autres écologistes, un référendum sur l’énergie nucléaire en France.

«Il faut sortir du nucléaire bien sûr, décider tout de suite c’est possible», a-t-elle affirmé, rappelant que «ça fait des années que les écologiques demandent deux choses: un vrai débat public sur l’énergie» et ensuite «la possibilité de décider par référendum notamment d’engager la sortie du nucléaire». Les évènements au Japon «renforcent notre détermination». (Libération.fr 14/03)

DOMINIQUE VOYNET
(…) je demande un débat national, mené de façon sérieuse (…) Il faut peser les risques du nucléaires, peut-être est-il temps de reconnaître que les risques sont bien davantage supérieurs que les bienfaits (…). (France inter 15/03)

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COHN BENDIT

Cohn-Bendit demande un référendum sur la sortie du nucléaire

« L’homme a cru qu’il pouvait maîtriser totalement la nature. Le Japon montre que ce n’est pas possible. Et qu’on ne vienne pas me dire que le Japon est différent de nous. Ce n’est pas comme Tchernobyl où l’on pouvait prétendre qu’il s’agissait d’un problème technique. Faut-il attendre quelque chose d’horrible en France ou en Europe pour qu’on décide d’en sortir ? », explique au Monde Daniel Cohn-Bendit. « Il n’y a pas de risque zéro. Il faut donc que le programme d’alternative de la gauche lance un grand débat d’un ou deux ans et organiser un référendum sur la sortie du nucléaire et ses modalités. Ce sont les citoyens français qui doivent choisir ».

Selon l’eurodéputé Vert, « la réaction d’Eric Besson [ministre de l’industrie] indiquant qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau Tchernobyl est dans la tradition de l’Etat français depuis Tchernobyl. On n’ose pas affronter cette question de manière ouverte et non idéologique »
Propos recueillis par Arnaud Leparmentier / Blogs Le Monde.fr / 13 mars 2011

Publié dans Ils ont dit

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E Sommer 30/03/2011 10:08


La position de la LDH sur l'accident nucléaire de Fukushima



La LDH suit avec attention la situation de la centrale nucléaire de Fukushima, plus de quinze jours après le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé le Japon, et s'inquiète des très
grands dangers courus par la population japonaise et mondiale. Cette inquiétude est d'autant plus forte que se manifeste, jour après jour, un défaut majeur de transparence, voire un déni de la
réalité de la part de l'entreprise exploitante et des autorités politiques. Elle demande une information impartiale sur la situation et les scénarios envisagés pour la contrôler.

En conséquence, la LDH ne peut qu'approuver le projet d'un audit des centrales nucléaires européennes, fondé sur la prévention de tous les risques à prendre en compte, sur un sujet où nous
souffrons depuis longtemps, en France notamment, d'un déficit d'information ouverte et démocratique.

Sur le moyen terme et quels que soient les résultats des audits prévus, la LDH demande la tenue d'un débat démocratique concernant la politique énergétique française, débat non confisqué par les
experts et dans lequel la société civile devra tenir toute sa place. Il faut poser sereinement la question de la place et des conditions de production de l'électricité nucléaire dans l'avenir
énergétique de notre pays et de l'Europe, dans le cadre d'un développement durable.