Nucléaire : EDF envisage Belleville-sur-Loire pour stocker des déchets nucléaires, la résistance s'organise

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

France 3 Centre :

EDF n’a pas encore choisi le site qui accueillera le projet de centre national de stockage de déchets radioactifs mais la centrale de Belleville-sur-Loire est pressentie. Le projet sera officialisé avant la fin 2020. La mobilisation s’organise. La suite ICI

 

Acte de naissance de la Coordination Piscine Nucléaire Stop !

Si la filière électronucléaire française continue sur sa lancée : choix du retraitement de ses combustibles usés et utilisation de combustible MOX (mélange de Plutonium et d'Uranium), prolongation à 50 voire 60 ans des réacteurs existants et construction de 6 EPR.... les piscines d'entreposage de La Hague arriveront à saturation entre 2025 et 2035.
Cette perspective a conduit l'Etat français à donner ordre à EDF par  décret (n° 2017-231du 23 février 2017) de transmettre avant fin mars 2017 sa stratégie de gestion de ses capacités d'entreposage et avant fin juin 2017 les options techniques retenues pour ses nouvelles installations1.

EDF, à notre connaissance, n'a présenté qu'un seul projet, la Piscine d'Entreposage Centralisé (PEC): entreposage sous eau de 10 000 tonnes (soit 100 à 120 cœurs de réacteurs) de métaux lourds hautement irradiés, pour une durée de 100 ans.
Centraliser signifie rassembler au même endroit (et en bord de fleuve?) une énorme quantité de substances ultra-dangereuses et générer des transports de ces mêmes substances à travers toute la France.

Le nouveau Plan de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs a été soumis à débat public entre avril et septembre 2019.
Au cours de ce débat public, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a publié une note dont la conclusion est la suivante : « En conclusion, l’analyse réalisée par l’IRSN ne fait pas apparaître d’éléments rédhibitoires à la possibilité d’entreposer à sec une partie des combustibles MOX et URE actuellement entreposés sous eau. Il conviendrait toutefois d’examiner les différentes options possibles, en intégrant les exigences de sûreté et de radioprotection afférentes ainsi que l’ensemble des contraintes industrielles ».2 Ce qui revient à dire que d'autres options auraient été envisageables, qui n'ont pas été étudiées.

Par ailleurs, les conclusions du Débat Public, publiées le 25 novembre font dire à la journaliste de La Croix : « Après cinq mois de travail, la Commission nationale du débat public dresse un constat très sévère sur les plans de gestion des déchets nucléaires en France. Ces plans techniques ne répondent pas aux attentes des citoyens, qui réclament d’être associés aux choix stratégiques de la filière, sans être entendus. »3

Cependant des décisions ont été prises conjointement par l'ASN et l'Etat et publiées au Journal Officiel, qui stipulent que «S’agissant de la politique d’entreposage des combustibles usés, un consensus autour de la nécessité de nouvelles capacités d’entreposage de combustibles usés à l’échéance de
2030, ainsi que des spécificités du contexte français, qui confirment la pertinence de
l’entreposage sous eau à cette échéance. »4 Entre qui et qui ce consensus ?

Enfin, sans que cette possibilité ait jamais été démentie par EDF, cette PEC pourrait être installée à Belleville-sur-Loire, juste sur les rives du grand fleuve ligérien, avec les risques de pollution gravissime des nappes phréatiques et de tout l'aval en cas d'accident !5

Nos associations et collectifs, des 4 départements limitrophes (Cher, Loiret, Nièvre et Yonne) s'insurgent à divers titres contre ce projet :

    • en matière de décision démocratique : jamais le choix du nucléaire et de ses conséquences depuis l'extraction jusqu'à la gestion des déchets, n'a été soumis à la réflexion et à la décision des citoyens. Par ailleurs, concernant ce projet précis, pas de mise sur la table de tous les éléments de choix : les problèmes posés et un comparatif des différentes solutions envisageables, autant en matière de coût (grand absent du dossier présenté par EDF), qu'en matière de risque, de conséquences sur l'environnement (le Dossier d'Options de Sûreté présenté par EDF fait brièvement allusion au rejets et effluents dans le milieu naturel sans préciser lesquels et en quelles quantités), sur la santé, sur le développement économique et touristique du territoire.
      
    • En matière de risque accidentel que seules les populations environnantes et celles de l'aval du fleuve (humaines, animales, végétales...) auraient à supporter. En effet, l'avis qu'a rendu l'Autorité de Sûreté Nucléaire sur ce projet en juillet 2019 stipule « qu’EDF estime que la limitation des effets d’une fusion, consécutifs au découvrement d’assemblages de combustibles usés entreposés sous eau, n’est pas raisonnablement possible en l’état actuel des connaissances » et que : « deux scénarios accidentels pourraient conduire à une telle fusion du combustible induite par une baisse du niveau d’eau, à savoir la perte totale et prolongée de refroidissement ou la vidange accidentelle massive à la suite d’une brèche dans une structure assurant l’intégrité du bassin ».
      Qui peut garantir l'impossibilité de telles avanies sur une durée de 100 ans avec les bouleversements climatiques, géopolitiques, technologiques et industriels auxquels nous auront probablement à faire face dans les années qui viennent. N'est-il pas totalement inconsidéré d'envisager de tels risques ?

Nos associations et collectifs estiment donc ce projet hautement contestable, plus que dangereux et insuffisamment pensé et nous exigeons que la décision  de création, EDF devant déposer sa demande d'autorisation avant fin 2020, soit remise en question.
Si cela n'était pas le cas, nous faisons part de notre plus entière détermination à en contrecarrer l'avancée.

La Coordination « Piscine Nucléaire Stop » (par ordre alphabétique)

Anti Décharge Nucléaire-Belleville (collectif de la Nièvre)
ATTAC 18, ATTAC 45, ATTAC 58, ATTAC 89
AVEC (Association de Veille Environnementale du Cher)
Avenir Citoyen 45 (association du Loiret)
Collectif d'Alarme Nucléaire Orléanais
C3V (Comité des 3 vallées Maison Citoyenne) Yonne
Comité Centrales (Collectif du bassin versant de la Loire)
Lucitoyens (association de l'Yonne)
Radieux du Gâtinais (collectif du Loiret)
SDN Berry-Giennois-Puisaye ( Asso pour la sortie du nucléaire Cher-Loiret-Nièvre-Yonne)
Vivre Notre Loire (association du Cher)

 

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