Appel face à la criminalisation de la lutte contre la poubelle nucléaire à Bure

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

Plus de 100 organisations et personnalités appellent à une réaction
massive face à la criminalisation de la lutte contre la poubelle
nucléaire à Bure

voir aussi là :
https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/plus-de-100-organisations-et-personnalites-appellent-a-une-reaction-massive

Ces organisations nationales et régionales, collectifs et personnalités
publiques se joignent à cette tribune des associations, collectifs et
habitant-es en lutte contre la poubelle nucléaire CIGEO, pour :

-   mettre fin à la criminalisation de la lutte à Bure et des autres
mobilisations et espaces d’opposition en France construire une
résistance à cet effet en finir avec la peur et le silence.

Bure est devenu un gigantesque laboratoire répressif. Asphyxier ce
combat légitime contre l’ordre nucléaire est un test pour mieux réprimer
les autres luttes à l’avenir. Nous sommes tous-tes concerné-e-s.

Nous, associations nationales et locales, collectifs, comités,
personnalités, dénonçons la politique de criminalisation et de
répression systémique qui s’abat sur les opposant-e-s à la poubelle
nucléaire CIGEO à Bure depuis plus d’un an et demi. Pour détruire ce
mouvement de résistance vieux de 25 ans, il y a déjà eu plus d’une
cinquantaine de procès. Des centaines de mois de sursis distribués. Près
de 2 ans de prison ferme. 26 interdictions de territoire. 7 personnes
interdites de se voir et rentrer en relation, et ce pour des années,
dans le cadre d’un contrôle judiciaire dans une instruction pour
"association de malfaiteurs". Des milliers d’euros d’amende. Une
vingtaine de perquisitions réalisées en Meuse, à Paris, en Isère. Une
trentaine de gardes à vue - dont celle, le 20 juin 2018, de l’avocat
Maître Étienne Ambroselli. Un escadron de gendarmes mobiles installé sur
place depuis l’été 2017. Chaque jour, depuis plus d’un an, les
habitant-e-s de Bure et autour sont suivis, fichés, filmés, et
contrôlés, et parfois à plusieurs reprises en l’espace de quelques
heures.

Ce mardi 16 octobre, dans l’enceinte du tribunal de grande instance de
Bar-le-Duc une nouvelle atteinte aux droits de la défense a eu lieu, un
nouveau pas franchi dans la répression. Ce matin-là, parmi d’autres
procès, le tribunal a jugé en absence et par défaut le militant et
journaliste Gaspard d’Allens. Pourtant ce dernier n’a jamais été informé
qu’un procès le concernait. Il ne savait pas qu’il y avait des
accusations portées contre lui. Il n’a donc pas pu préparer sa défense
ni choisir un avocat. Néanmoins, il a quand même été jugé : au mépris
des garanties les plus élémentaires des droits de la défense.

Le procureur Olivier Glady a expliqué devant une assistance et des
avocats outrés qu’il lui avait envoyé une convocation à une adresse à
Paris. Or cela fait 5 ans que Gaspard n’y habite plus et le procureur le
savait pertinemment. Gaspard est domicilié à Mandres-en-Barrois, à
proximité de Bure, où il a été filmé durant des semaines presque
quotidiennement par les gendarmes. Le procureur a pourtant affirmé qu’il
était "radicalement introuvable".

Mais qui à Bure pourrait encore être « introuvable » alors qu’une
surveillance généralisée traque les opposants à CIGEO ? Qu’entre 15 et
50 téléphones sont sur écoute de façon ponctuelle ou permanente ? Que
les communications sont espionnées et les déplacements traqués ? Que
toutes les amitiés qui sont nées au coeur de cette résistance sont
soupçonnées de relever d’une « association de malfaiteurs » à finalité
criminelle ? Des millions d’euros d’argent public sont dépensés pour
traquer les opposants, et le Parquet n’aurait pas pu actualiser son
adresse de résidence ?

Depuis le mois de juin 2017, dans le cadre d’une instruction judiciaire
pour "association de malfaiteurs", une « cellule Bure », basée entre
Nancy et Commercy, fait travailler à temps plein entre 5 et 10 officiers
de police judiciaire. Leur mission : enquêter et consigner toute la vie
des opposants dans des milliers de procès-verbaux. Un seul but :
surveiller et détruire le mouvement de lutte par l’asphyxie policière et
judiciaire.

Avec une autre personne, Gaspard a été accusé d’avoir fait opposition
"par violence ou voie de fait" le 23 janvier 2017, aux travaux publics
de l’ANDRA dans le bois Lejuc occupé. Le procureur réclame 3 mois de
sursis simple. Une peine devenue classique pour quiconque refuse l’ordre
nucléaire en Meuse. Gaspard s’est interposé physiquement quelques
minutes devant un bulldozer. Mais où est la "violence", puisqu’à cette
époque, le 30 janvier 2017, le chef de chantier de l’Andra, Emmanuel
Hance versait de l’huile inflammable sur des opposants accrochés à une
barricade (https://www.youtube.com/watch?v=kzit6sJjt-E) ?

Cette violation évidente des droits de la défense n’est qu’une goutte
d’eau de la politique de karcher répressif qui vise à "nettoyer"
intégralement toute forme de contestation à Bure. Le 16 octobre, six
nouveaux procès absurdes ont également eu lieu, principalement pour des
"outrages" générés par le climat de militarisation irrespirable qui
s’est installé dans le sud-Meuse. Trois mois de prison ferme ou avec
sursis ont été requis en fonction des cas.

D’étranges pratiques s’installent en Meuse. Que penser d’un tribunal où
les gendarmes mobiles encadrent les arrivées et les départs à chaque
procès concernant Bure, et finissent régulièrement par vider la salle
d’audience ? Quelles conclusions devons-nous tirer lorsque des avocats
commis d’office refusent de se déplacer pour assister certaines
personnes gardées à vue à Bure ? Comment juger le fait que l’avocate de
l’Andra, Carine Bourrel, soit également la batônnière de la Meuse ? Que
devons-nous conclure lorsqu’en garde à vue un officier de police
judiciaire appelle le juge d’instruction M. Le Fur par son prénom, «
Kevin », lorsqu’elle lui passe des coups de téléphone ?

Nous dénonçons fermement la mise en place depuis 2 ans en Meuse d’un
système mafieux qui ne dit pas son nom, où les libertés fondamentales et
les droits de la défense sont chaque jour piétinés. Au nom de l’avancée
forcée d’un projet nucléaire démentiel qui ne présente aucune garantie
de sécurité et de faisabilité. Au nom de la destruction d’un mouvement
de lutte pluriel pour commencer les travaux imminents de CIGEO. Au nom
de la mise en place d’un laboratoire répressif servant d’expérimentation
pour mieux neutraliser de futures luttes.

Fait tout aussi inquiétant, cette répression massive s’installe
également partout ailleurs en France et dans le monde, dans les
mouvements sociaux, les quartiers, les luttes migratoires, les luttes
territoriales et environnementales... Nous ne devons pas rester
silencieux ni courber l’échine par peur d’être les prochain-e-s sur la
liste.

Nous appelons à ce qu’un maximum d’organisations, de comités, de
collectifs et de personnalités publiques signent et relaient cette
tribune pour :

    - mettre fin à la criminalisation de la lutte à Bure et des autres
mobilisations et espaces d’opposition en France construire une
résistance à cet effet en finir avec la peur et le silence

Nous appelons à densifier partout les solidarités et à ne pas nous
laisser enfermer dans l’isolement.

Nous ne serons pas les prochain-e-s sur la liste !

Nous refusons de céder à l’intimidation !
Si vous souhaitez signer cette tribune

    Adresse pour les signatures : soutienburerepression@riseup.net
(Merci de préciser pour les orgas (NOM DE L’ORGA, FONCTION) dans l’objet
du mail, et pour les personnalités publiques (NOM, PRÉNOM, FONCTION).

    Adresse de contact : noussommestousdesmalfaiteurs@riseup.net

P.-S.

PREMIERS SIGNATAIRES :

Coordination Stop CIGEO : (CEDRA, EODRA, Habitants Vigilants de
Gondrecourt-le-Château, Habitants Vigilants de Void-Vacon, des
habitant-e-s de Bure et des environs. Burestop 55, Meuse Nature
Environnement et Mirabel Lorraine Nature Environnement)
Organisations nationales :

    Agir pour l’Environnement Alternative Libertaire Amis de la Terre
France Arrêt du nucléaire Attac CGT-Caisse des dépôts Collectif « La
Fête à Macron » Ende Gelande France Ensemble ! Greenpeace France HALEM
Réseau Sortir du Nucléaire Union Syndicale Solidaires

Organisations nationales et régionales :

    ACDN (Action des citoyens pour le désarmement nucléaire) A.C.T.E.
(Association Chalonnaise pour une Transition Écologique énergétique et
citoyenne) ADENY (Association de défense de l’environnement et de la
nature de l’Yonne) Alternative Libertaire 54 ARPENT (Association pour la
Restauration et la Protection de l’Environnement Naturel du Tonnerrois)
A.P.P.E.L.S. Arrêt du nucléaire Savoie Arrêt du nucléaire 34 ASODEDRA
Attac Agen Attac Hauts-Cantons (34) BI Lüchow-Dannenberg Bure Haleurs
CADE (Collectif des Associations de Défense de l’Environnement Pays
Basque et Sud des Landes) CCAN de Nancy (Centre Culturel Autogéré de
Nancy) CEDRAT 87 Cercle 49 Comité de soutien transfrontalier //
Grenzüberschreitendes Solikommittee Comité de lutte Bure/Longwy Comité
STOP Bure 41 Comité de lutte Bure n Contr’Atom Décroissance IDF Ki 6
col’ (Bourges, 18) La France Insoumise 44 LDH Châlons-sur-Saône Leforest
Environnement Les Amis de la Décroissance IDF Mouvement de la paix -
Comité sud 54 STOP EPR Ni à Penly ni Ailleurs (SENPNA) STOP Fessenheim
STOP Golfech STOP Nucléaire 26 SDN Aude (11) SDN Berry-Giennois-Puisaye
SDN Bugey SDN Deux-Sèvres (79) SDN Isère (38) SDN Moselle SDN Paris (75)
SDN Pays Nantais (44) SDN Trégor SEL47TERRE Solidaritäts-Kommittee
Bure-Dreyeckland Solidaires Alsace Solidaires 54 STOP Précarité Sud
Collectivités Territoriales 54 Tchernoblaye (Gironde) Terre et Liberté
pour Wallmapu

Personnalités, intellectuel-les, artistes, activistes, politiques
/Intellectuels/Activistes :

    Paulette & Didier Anger, militant-e-s antinucléaires Sara Aguiton,
chercheuse au CNRS Jérôme Baschet, historien Ludivine Bantigny,
historienne Anne-Emmanuelle Berger, professeure à Paris 8 Judith
Bernard, metteure en scène et journaliste Eric Beynel, co-délégué de
Solidaires Christophe Bonneuil, historien Sam Bourcier, sociologue
université de Lille Isabelle Cambourakis, éditrice Geneviève
Coiffard-Grosdoy, militante associative Jean-Baptiste Comby, sociologue
Danakil, musiciens Jean-Jacques Delfour, philosophe Benjamin Dessus,
ingénieur et économiste Anne Gaudron, présidente de la LDH Pyrénnées
Orientales Vincent Gay, maître de conférences Barbara Glowcewzski,
anthropologue Cécile Gondard-Lalane, co-déléguée de Solidaires Émilie
Hache, philosophe Éric Hazan, éditeur Odile Hélier, anthropologue
François Jarrige, chercheur et historien Rose-Marie Lagrave, sociologue
EHESS Amélie Le Renard, professeure à Paris 1 Stéphane Lavignotte,
pasteur Sandra Laugier, professeur des universités Olivier Long,
universitaire et peintre, Paris-1 Jean-Marie Matagne, docteur en
philosophie Hélène Merlin-Kajman, professeure Catherine Neveu,
directrice de recherche CNRS Albert Ogien, directeur de recherche CNRS
Gérald Orange, professeur honoraire La Parisienne Libérée, chanteuse
Alessandro Pignocchi, auteur de BD Christine Poupin, porte-parole du NPA
Josep Rafanell Orra, psychologue et écrivain Les Ogres de Barback,
musiciens Serge Quadruppani, écrivain Françoise Verchère, opposante
historique à NDDL

 

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