Triste anniversaire à la centrale de Belleville.

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

 

    Le 9 septembre 1987, démarrait le premier réacteur de la centrale de Belleville.  Cela fait 30 ans. Cependant l’anniversaire est passé inaperçu. Il est difficile en effet de festoyer quand le site nucléaire accumule les difficultés et se trouve en mauvaise santé. Depuis l’origine, les enceintes des bâtiments réacteur ne sont pas étanches, pour y remédier, on tartine régulièrement sur le béton, des résines dont la résistance à la chaleur, aux radiations en cas d’accident n’est pas garantie.

    L’ASN, le gendarme du nucléaire, révèle de manière récurrente des problèmes liés à la gestion des travaux de maintenance : travaux retardés, fuites non colmatées, défaut de balisage des zones à risques, dispositifs de sûreté sur les piscines de désactivation absents jusqu’en 2013, non tenue aux séismes de tuyauteries de refroidissement etc, la liste est longue. Le 7 septembre, l’ASN a convoqué le directeur de la centrale pour lui signifier la mise sous surveillance renforcée de la centrale par un rapport de 18 pages.

    Toutes ces anomalies sont-elles le fruit de la vétusté du site (les réacteurs étaient initialement prévus pour durer trente ans) ?  Y-a-t-il une défaillance dans l’organisation du travail ? Est-ce un problème financier (on sait EDF sérieusement endetté) ? Y-a-t-il incompétence des équipes chargées du travail ?…

    Tout ceci est d’autant plus surprenant que le directeur de la centrale clame en permanence sa maîtrise de la situation et qu’il n’y a pas à s’inquiéter. Toutefois celui-ci refuse de débattre des remarques de l’ASN publiées dans les rapports d’inspection accessibles sur le net à l’adresse de l’ASN. A-t-il quelque chose à cacher ? Pourquoi lors d’un prélèvement sur la piscine de stockage des barres de combustible, 6 mètres cube d’eau radioactive ont été déversés. La question a été posée mais n’a obtenu que le silence.

    Nous savons que l’accident grave en France surviendra à la suite d’une série de petites défaillances cumulées causées par l’impéritie humaine. Faut-il attendre le gros pépin pour réagir ?

Le réseau national de Sortir du nucléaire et l’antenne locale Berry-Giennois-Puisaye s’associent pour un dépôt de plainte au

tribunal de Bourges, 8 rue des Arênes le vendredi 20 octobre à 16 h.  

Les deux associations comptent sur une présence massive des citoyens qui ne s’en laissent pas conter.

                            Daniel DEPREZ

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