Centrale de Civaux : inquétudes...

Publié le par Sortir du Nucléaire 41

Le 22/09/17

M le Président du Conseil Départemental,

Monsieur le président,

nous avons bien reçu votre courrier du 03 juillet 2017.


Nous souhaitions vous faire part de nos inquiétudes vis à vis de la sûreté des installations de la centrale de Civaux car vous êtes le responsable de la CLI et qu'il s'agit de l'information publique.
La situation réelle de la sûreté des installations présente trois problèmes majeurs.
Les 4 générateurs de vapeur qui ont été remis en service au début de l' année sur les deux tranches sont constitués d' un acier aux qualités mécaniques affaiblies à cause de loupés de fabrication. Des concentrations excessives de carbone le rendent fragile. Le risque de rupture brutale du circuit primaire s' en trouve accentué en cas de chocs mécaniques ou thermiques. Les conséquences en seraient un accident de type Tchernobyl. Ces équipements font partie de la « deuxième barrière » de sûreté.


Le béton du BR 1, bâtiment réacteur n° 1, a lui aussi été raté à sa construction. Les défauts avaient été révélés dès 2001 parce que le bâtiment présentait un taux de fuites hors tolérances. Le BR constitue la troisième barrière de sûreté. Il devrait donc présenter des qualités d' étanchéité. Or de nombreuses fissures, nids de cailloux, et autres défauts rendent son étanchéité insuffisante. Pour pallier ces défaut EDF est obligée de l' enduire d' un revêtement en résine époxy. Avec ce traitement le BR est rendu apte à subir les tests de fuites. Mais, en cas d' accident (voir le paragraphe ci-dessus), la résine ne résisterait pas plus de 48 heures d' après les études centrales d' EDF. Au delà, le BR fuirait abondamment et lâcherait dans l' environnement de grandes quantités de gaz radioactifs.


Le tritium qui se forme dans tous les réacteurs nucléaires est impossible à maîtriser complètement. A Civaux, il a déjà provoqué une importante pollution de la nappe phréatique en 2012, et il continue  de fuir car on le retrouve dans des endroits insolites comme la double peau de certains puisard. Ces émanations sont en partie dues à l' inétanchéité au tritium de la première barrière, les gaines de combustibles, mais aussi des deux autres barrières constituées par l' acier des GV et le béton du BR.


A chacun de ces trois défauts correspond une baisse du niveau de sûreté de la centrale. Cette dégradation est donc multipliée par trois et positionne le réacteur de Civaux 1 à fermer en priorité, juste après Fessenheim.

Voilà, Monsieur le Président, en résumé l' objet de l' alerte que nous devons lancer. Nous aurions souhaité en discuter avec vous de vive voix, et les représentants des associations à la CLI restent à votre disposition si vous désirez les rencontrer.


Nous vous adressons, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses.

Pour les associations ACEVE, GSIEN, Les Amis de la Terre,
Jacques Terracher,

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